article comment count is: 0

Réouverture d’Isanganiro et Rema : pourquoi pas la RPA ?

Après la réouverture de certaines radios privées, le blogueur Apollinaire Nkurunziza partage la joie des populations  de la ville de Gitega et nous fait part de ses inquiétudes quant à la célèbre RPA (Radio Publique Africaine)  encore fermée.

Il s’appelle Mathias. C’est un septuagénaire. Je le surprends en train de tripatouiller son poste récepteur. Il cherche des chaînes rwandaises. Tout en pleurant les nôtres qui ont succombé aux roquettes du 13 mai. Passer du temps avec la radio c’est son pain quotidien depuis des décennies. J’en profite pour lui annoncer la réouverture d’Isanganiro et Rema FM.  Assis près de la façade orientale de sa maison, dans le quartier Swahili, son visage ridé rayonne de joie tout d’un coup. Très pressé, il tourne le bouton de son poste radio au 101Mhz. Le jingle retentit : « Kaze Murisanze kuri Radiyoo…Isanganiro ». Mathias récite, à voix basse, une courte prière.  Avec un regard errant, il se demande s’il va vraiment réécouter l’émission sportive avec Elisée Niyubahwe,  entendre Jean Paul Nicondindiriye dans « ikiganiro c’Amatongo » ? Il conclut : « Si on peut écouter les radios privées encore une fois, je peux répondre à l’affirmatif que la paix nous est réellement revenue ».

Ce n’est pas suffisant

Il est vrai que certaines radios ont été autorisées à émettre de nouveau. C’est une bonne chose. Mais pourquoi pas les autres, dont la célèbre RPA ? Quoi que ses émissions en direct commentant les faits et écrits sur internet m’effrayaient. J’avais décidé de ne plus écouter les medias tant privés que publics.

Toutefois, j’ai vraiment la nostalgie de revoir une partie importante de la population burundaise tenir leurs téléphones portables à l’oreille à quelques minutes du journal de midi, en Kirundi, de la RPA. J’ai envie de retrouver la voix fétiche de l’intrépide Kiramvu, une voix éloquente, riche en terminologie de notre langue nationale: intenderi irasheshe umuti, gira ahubawubahwe, mumvahe no munjahe, n’agahwane,…

Un seul espoir : cette fois-ci elle reviendrait en ayant changé sa façon d’informer. Sinon, le Conseil National de la Communication aura toujours à faire.

Partagez-nous votre opinion

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.