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Burundi : le casting des médiateurs

Depuis fin avril 2015, plusieurs médiateurs ont été désignés pour aider à trouver une solution à la crise burundaise. Plusieurs délégations sont venues et d’autres viendront pour tenter de débloquer la situation. Le blogueur Mwalimu Khadija Hussein (pseudo) déplore leur improductivité. Il nous présente leur passage comme des participants à un défilé de mode qui, malheureusement, a trop duré.

© Photo: Source

Des costumes bien choisis, des annonces, de belles photos à poster sur les réseaux sociaux, des sourires charmants et des communiqués prometteurs. Des communiqués, voilà ce qu’on retiendra de ces longs défilés sur cette belle scène qu’est la crise burundaise.

Le premier à défiler sur ce podium comme médiateur a été Saïd Djinnit. L’Algérien avait à peine posé un pas au Burundi que l’opposition l’accusait de porter la veste du pouvoir. Il a fini par jeter l’éponge et plier bagage.

Sans tarder, Abdoulaye Bathily s’est lancé sur scène. Aussitôt parvenu au podium, pourtant bien habillé en boubou, le Sénégalais s’est vu attribuer une fausse note par le pouvoir. Erreur de casting ou bourde diplomatique ? Il a été accusé de ne pas avoir salué les hautes autorités du pays et, surtout, d’avoir manqué gravement au respect de la souveraineté du Burundi.

S’en est suivi le président ougandais, Yoweri Museveni. Tout charmant avec son traditionnel chapeau de cowboy, il a fait un bon départ : une prise de contact entre protagonistes. Mais sa tentative n’a pas fait long feu. Il a préféré écourter sa marche pour aller préparer ses élections, qui l’ont maintenu au pouvoir dans son pays.

Dans la foulée, le président béninois Boni Yayi a tenté de se faire remarquer en empruntant la voie des médiateurs, mais il a été contraint de rebrousser chemin : il n’était pas le bienvenu au Burundi.

Aujourd’hui, c’est le tour de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa de monter sur la scène de la crise burundaise. Espérons que, cette fois, après ce casting, le conflit au Burundi a enfin trouvé le « bon » médiateur.

Plusieurs figurants pour les seconds rôles

Comme il fallait des figurants dans ce spectacle, l’on a invité d’autres délégations sur scène pour jouer les seconds rôles. Il est bien beau, ce spectacle.

Plusieurs observateurs, plusieurs envoyés spéciaux, des délégations d’organisations internationales ou régionales ont, tour à tour, joué leur partition. On a vu la super star Samantha Power voler la vedette à Ismael Gaspar Martins, chef de délégation lors de la visite du conseil de sécurité des Nations Unies au Burundi. La scène était d’autant plus belle lorsque le Secrétaire général de l’ONU s’est comparé à un tambourinaire burundais.

Ban Ki Moon

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Que dire aussi de cette délégation menée par le président Jacob Zuma ? À voir le déploiement de son impressionnante garde, on aurait cru qu’il avait finalement ramené la MAPROBU !

Si toutes ces délégations étaient des solutions aux problèmes, le Burundi serait un paradis.

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Les commentaires récents (3)

  1. non quant à moi le BURUNDI ne trouvera pas la paix durable par voie des médiateurs de sang et de chaire il faut emprunter plutot le chemin meilleur de se respecter comme frères en Dieu si non rien comme solution

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