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Maprobu, le coït interrompu

Il y a un peu plus de deux mois, l’Union Africaine annonçait la possibilité d’envoyer 5000 hommes pour le maintien de la paix au Burundi, la fameuse Maprobu. Une idée, applaudie par certains, qui sera néanmoins enterrée quelques semaines plus tard. Le blogueur Franck Nziza en garde un goût amer.

© Photo: Source

La Maprobu avait séduit un certain nombre de Burundais, surtout ceux qui sont réprimés, accusés de s’opposer au troisième mandat de Nkurunziza. Cette population voyait en cette force une lueur d’espoir, le bout du tunnel, une voie de sortie, une opération de sauvetage dans un pays où survivre relève du parcours du combattant.

Le gouvernement burundais, lui, organisait en un temps record des campagnes dans tout le pays, via la radio nationale – seul et unique média restant parmi les plus classiques –pour diaboliser la Maprobu : « Cette force serait une sorte de néocolonialisme qu’un pays souverain comme le Burundi ne saurait accepter. » Le président de la République lui-même avait précisé que si cette force était envoyée au Burundi sans accord préalable, elle serait considérée comme une invasion et traitée en tant que telle.

La phase d’excitation

La visite de la délégation onusienne dirigée par Samantha Power, l’ennemie de la nation d’après le pouvoir de Bujumbura, n’a fait qu’accentuer l’enthousiasme de ceux qui attendaient la Maprobu comme le saint-sauveur. Cette extase n’a pas duré longtemps. La délégation en question n’a rien apporté comme valeur ajoutée par rapport aux initiatives précédentes, notamment le quasi-échec de la médiation ougandaise. Le Conseil de sécurité, lors du 26e sommet de l’Union Africaine, a enfoncé le clou en s’opposant au déploiement d’une force de maintien de la paix.

Ce n’est pas étonnant. Le bâton qui frapperait le régime burundais pourrait être utilisé contre quelqu’un d’autre. Le Burundi ne manque pas de semblables en Afrique. Et la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ; il ne fallait pas en attendre beaucoup de l’Union Africaine…

En bref, l’Occident et l’Union Africaine ont été un peu comme ces hommes égoïstes, dénués de leurs responsabilités conjugales, qui excitent leurs femmes et les laissent tomber à deux doigts de l’orgasme.

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Les commentaires récents (3)

  1. « La Maprobu avait séduit un certain nombre de Burundais, surtout ceux qui sont réprimés, accusés de s’opposer au troisième mandat de Nkurunziza. » Franck Nziza.

    Commentaire: Selon ce qui nous est parvenu oralement des Anciens, la solution à tout problème se résorbe sous l’arbre de la palabre. Autrement dit, la solution au problème aussi bien individuel que collectif ne peut provenir que de la seule source de la sagesse intérieure de l’individu ou interne de la collectivité. Dans le temps anciens, la sagesse interne à la collectivité était incarnée par les Bashingantahe (les notables) initiés au rite de Kiranga. Nous entendons certains dire « le problème burundais ne viendra que des burundais eux-mêmes ». Ceci semble conforme à la réalité.
    Dans le même ordre d’idée, la source de notre bien-être, matériel et spirituel, est à l’intérieur de nous. Comme personne ne nous connaît mieux que nous-mêmes, il va de soi que personne ne peut apporter le meilleur remède à notre maladie, à notre pauvreté, à notre misère que nous-mêmes. Le fait de voir la cause de notre souffrance (ou de notre guérison) à l’extérieur de nous : le Satan, un voisin, un chef, Dieu, etc., est la cause majeure de notre sous-développement. Il est regrettable que cette façon irresponsable et hypocrite de voir les choses se soit répandue jusque dans le milieu du pouvoir depuis le retrait des bashingantahe sur la scène de direction du pays.
    Que faudrait-il faire ? À chaque fois que nous sommes confrontés à un malaise quelconque, au lieu chercher un « bouc émissaire » qui serait à l’origine de nos déboires, il vaut mieux nous plonger en nos racines intérieures, y découvrir la cause, notre faiblesse, qui est à l’origine de la souffrance. En agissant avec intelligence et force d’âme sur cette cause, ses effets : la souffrance, la maladie, voire la mort peuvent être neutralisées ou reportées. Pour le cas d’espèce, nombreux sont ceux qui sont d’accord que le troisième mandat qu’exerce aujourd’hui Pierre NKURUNZIZA est à la base des maux dont souffre le Burundi. Je pense qu’il y a une grande part de vrai. Ainsi, un dialogue franc et sincère sur la question « du troisième mandat » entre le gouvernement, l’opposition radicale et lesdits putschistes, ramènerait rapidement l’assurance, la confiance, l’harmonie, la joie, la prospérité dans le pays.
    Toutefois, la cause profonde des maux dont souffrent les burundais, lettrés et illettrés, se trouvent dans leur manque d’une culture humaine, universelle, traditionnelle. Les écoles qui dispensent une telle culture sont esquivées par presque tous les burundais. Il est dit souvent que : « Un peuple sans histoire (sans culture) est un monde sans âme », Alain Foka. Autrement dit, ce peuple est sans vie et sans conscience qui sont les attributs majeurs de l’âme. Des philosophes, chercheurs des vérités éternelles disent : « Le visible émane de l’invisible », nous pouvons voir le lien qui existe entre la pauvreté « le visible » du Burundi, « le pays le plus pauvre du monde » et la pauvreté de culture, de vie et de conscience « l’invisible » des burundais. La solution de longue haleine mais définitive, peut-être, viendra des enseignements d’une école qui dispense aussi bien la science, la vie et la conscience au peuple.

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