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Qui dirige en réalité le Burundi?

Le blogueur Eric Heza (pseudo) s’interroge : le chef de l’Etat fait tout sauf l’essentiel. Conséquence : le Burundi vit comme un pays sans président.

Certains esprits aux regards biaisés et dans les bonnes grâces du régime, me prendront pour un putschiste, un insurgé. Je m’en fiche ! La question vaut la peine d’être posée : qui dirige en réalité le Burundi ? Chaque jour, nous avons droit aux images d’un président « homme de terrain », en jogging, les manches bien retroussées, aux côtés des populations locales, en train de construire un stade de foot, réhabiliter une école secondaire,… Il s’en suit de grosses agitations sur les réseaux sociaux. Certains exaltent l’ « homme bosseur », le « phoénix » qu’il faut à tout prix imiter, comme pour éclipser les véritables enjeux du moment : la sécurité, la démocratie qui s’écroule, l’économie en berne,…

Le hic

Il est difficile aujourd’hui de se poser certaines question comme par exemple : quel est le rôle d’un président ? Question bête ! Il dirige le pays.Très simple. Le Français Henry Fayol, un des précurseurs du management affirme : « diriger c’est prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler »….

Ah ! Là ça coince. L’on est en droit de se demander quand est-ce-que Pierre Nkurunziza planifie, consulte les rapports de ses ministres, lorsqu’on le voit du 1er janvier au 31 décembre escalader colline après colline tel un candidat aux présidentielles, qui n’a qu’un seul objectif : remporter la course électorale qui se tient au plus tard dans deux semaines.

J’avais oublié : la présidence est à Bujumbura, dans cette mare d’ «ennemis qui ne veulent que sa tête ».  Il déplace son palais : Gitega, Karusi, Makamba,…les espaces sont légions. Mais qu’il s’asseye, tranquille. Qu’il réfléchisse à l’avenir, qu’il coordonne l’action de son gouvernement, et surtout qu’il consulte les rapports pour ne plus répondre publiquement : « je n’en sais rien ! » quand on lui posera de nouveau une question sur de réhabilitation des marchés en mairie de Bujumbura, comme ce fut le cas il y a quelques jours.

Le Burundi a besoin d’un président, non d’un promeneur.

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Les commentaires récents (1)

  1. « Qui dirige en réalité le Burundi? » se demande Eric Heza (pseudo).
    Il conclut : « Le Burundi a besoin d’un président, non d’un promeneur ». Yaga-Burundi.
    Commentaire : La réponse à la question est délicate dans les moments critiques actuels du pays. Certes, le Burundi a un président à sa tête. Chacun est libre de le qualifier tel qu’il le voit : bon ou mauvais, humble ou orgueilleux, détaché ou attaché au pouvoir et à la richesse, patient ou impatient, généreux ou avare, non-violent ou violent, etc. Comme chacun sait, le président est un homme. Il a ses qualités et ses défauts. Par conséquent, il se cherche encore comme le fait chaque femme, chaque homme incarné.
    Quoi qu’il en soit, je suis moi-même à la quête d’un bon président. Je le crée dans mes pensées, mes méditations, mes contemplations, mes prières. Le bon président, je le nomme roi. Il est présent, même s’il n’est pas encore manifesté. Il fait son apprentissage dans une école spécialisée de la Bonne Gouvernance, d’abord de soi, ensuite, des affaires. Il apprend encore à se connaître, à se gouverner, à se maîtriser avant de vouloir gouverner les autres. Lorsqu’il se connaîtra bien, je présume, il connaîtra son semblable. Il connaîtra aussi son heureuse destination. Des chercheurs anciens et modernes nous enjoignent : « Va vers toi !» Ou encore : « Connais-toi toi-même ! ». Peut-être, le bonheur se trouve-t-il là, à l’intérieur de chacun. Celui qui se sera gouverné, « fera à son semblable ce qu’il veut qu’on lui fasse ».
    Tous, nous aspirons au bonheur, le président également. Si par bonheur, il aura foulé, le sentier qui y conduit, c’est à ce noble et désirable destin qu’il conviera les électeurs qui auront placé leur confiance en sa personne. La méthode pour y arrive sera « la proposition et non l’imposition ». L’envie, l’avidité, la corruption, l’impatience, l’intolérance, la violence, la malveillance, le mensonge, l’égoïsme, la faiblesse du cœur, la haine, l’hypocrisie, etc., n’ont pas de trace sur le chemin de la Bonne Présidence.
    Il est difficile de se gouverner et de gouverner les affaires tant qu’on est encore esclave de ces tares qui font de nous des animaux dressés l’un contre l’autre et nous contre nous-mêmes. Il est inconcevable de conduire les électeurs jusqu’au port glorieux tant qu’on ne l’aura pas foulé, auparavant.
    En conclusion, je dirais qu’un président est un élément parmi le peuple. Si nous nous améliorons nous-mêmes et devenons bons dans nos pensées, nos paroles et nos actes, nous aurons la chance de trouver un meilleur parmi nous. Nous pourrons, à juste titre, l’appeler « bon président ». Comment penser avoir un bon gouverneur lorsque, quand bien même, il nous manifesterait le meilleur de lui-même, nous ne saurions le reconnaître ?

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