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Burundi : Ces pourparlers qui font saliver

Le lundi 28 décembre 2015, il y a un mois déjà, les politiciens burundais s’étaient donné rendez-vous à Entebbe en Ouganda pour la relance des pourparlers. Le blogueur Mwalimu Khadija Hussein (pseudonyme) suppose que tous les acteurs (cités dans le texte) y étaient conviés. Il essaye donc d’imaginer les conversations qui ont pu avoir lieu. Bien que ce texte soit fictif, l’auteur est persuadé que les propos rapportés sont proches de la réalité. Il pousse un coup de gueule, caricature et rit des politiciens burundais.

© Photo Willy Nyamitwe  et Pancrace Cimpaye sortaient d’un débat à la RTBF en Belgique

Le 27 décembre 2015, à l’aéroport International de Nairobi :

Incroyable ! Je vois des politiciens de la mouvance gouvernementale comme de l’opposition descendre d’un même avion. « Comment des gens qui s’accusent de tous les maux et qui, selon eux, se menacent de mort, voyagent-ils à bord d’un même appareil ? », me suis-je demandé. Je vois Gelase Ndabirabe descendre en même temps que Jean Baptiste Bagaza. Ce dernier demande au premier s’il peut lui donner la bouteille d’eau qu’il tient à la main. Bagaza a peut-être  soif.  Ndabirabe lui passe la bouteille et les deux se mettent ainsi à dialoguer :

Ndabirabe : Est-ce que tu suis les communiqués du parti que je lis  à la télévision nationale ?

Bagaza : Non, mais on m’a dit que tu t’en prends souvent aux Belges.

Ndabirabe : Hahahahah (il rigole). Justement, ce sont ces colons qui nous ont divisé sur une base ethnique avec leur politique du diviser pour régner.

Bagaza : Oui, mais, plus de 50 ans après, nous devons prendre conscience que finalement nous sommes tous frères.

Ndabirabe : Mon frère, je te le dis, quand nous serons unis ça va faire mal aux…

Le bus arrive, Nbabirabe ne peut plus finir sa phrase. A l’intérieur du bus, Charles Nditije et Agathon Rwasa se parlent imperceptiblement:

Nditije : Félicitation pour ton élection en tant que vice-président de l’Assemblée nationale. Mais n’oublie pas que nous étions ensemble dans le deal d’« Amizero Y’Abarundi » (littéralement « Espoir des Burundais »). Ilfaudra m’offrir quelques bouteilles de Primus. Hahahah

Rwasa : Je me souviens bien. Tu m’as donné un sacré coup de main.  Mais je ne comprends pas que tu aies refusé la couronne pour laquelle tu t’es battu. Et tu m’as traité de traitre. Nous sommes devenus « Amis Zéro » au lieu d’Amizero !

Le lendemain

Un matin de  retrouvailles entre différents  hommes politiques burundais après des mois de chicaneries. Ils se montrent souriants.  Ils donnent presque l’impression que les uns avaient manqué aux autres. Pacifique Nininahazwe  et Willy Nyamitwe se parlent comme de bons amis.

  1. Nyamitwe: Pacifique, mon Smartphone est déchargé, peux-tu me prêter ton power bank ? Tu sais aujourd’hui on doit faire beaucoup de bruit sur Twitter ef facebook.

P.Nininahazwe : Du bruit sur twitter, vous savez vraiment y faire. Dis-moi Willy, actuellement tu as une grande équipe qui twitte pour toi hein? Une pluie de tweets nous inonde avec des hashtag qui font mouche : StopMaprobu, BringBackOurSoldiersKilled,… Voulez-vous nous chasser des réseaux sociaux aussi?

  1. Nyamitwe: Ah bon ? Est-ce pour cela que vous plagiez en créant des hashtags semblables aux nôtres comme BringMaprobu ? A propos, quel hashtag allons-nous utiliser aujourd’hui ?

P.Nininahazwe : Je propose « BurundiNegociations »

  1. Nyamitwe: Non, ça sonne mal. Moi je vais utiliser « BurundiDialogue », ça sonne mieux. Par ailleurs, crois-tu qu’on va te laisser entrer dans la salle ?….

Les travaux de la journée se clôturent. Le soir,je vois Pancrace Cimpaye s’approcher  doucement du ministre Aimé Nyamitwe :

  1. Cimpaye: Félicitations monsieur le ministre, vous parlez bien le français plus que moi-même qui vis en Belgique.
  2. Nyamitwe:  Arrête tes histoires ! Nous sommes venus pour dialoguer et non pour parler français.
  3. Cimpaye:  D’accord. Mais mon frère, avez-vous entendu ce qu’a dit le médiateur, le président Museveni ? Il a dit que si nous le voulons, ces pourparlers pourraient se terminer même en un seul après-midi !
  4. Nyamitwe:  Bien sûr ! Après tout, nous sommes tous frères, nous nous chicanons pour rien.
  5. Cimpaye:  Oui… mais il faut que les pourparlers durent longtemps. Nous avons aussi besoin de construire des villas à Bujumbura comme vous. Rendez-vous le 6 janvier à Arusha, nous montrerons au médiateur que ce n’est pas un jeu d’enfant.
  6. Nyamitwe: Qui vous a dit que le 6 janvier nous serons à Arusha ? Mon œil !  On n’a pas eu de consensus là-dessus… A bientôt.

Le lendemain de la rencontre d’Entebbe, le 29 décembre, Jacques Kenese leader de l’une des branches de Fnl et toujours à Bujumbura, se dit: « Que s’est-il passé ? Je n’ai pas été invité au dialogue ! C’est regrettable. Mon Dieu vais-je rater cette manne d’Arusha? Ce n’est pas possible. Demain je vais publier un communiqué pour annoncer que j’ai plus d’un million de partisans et que sans moi, les pourparlers seront un échec ».

Arusha se fait attendre jusqu’à présent…

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