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Retro 2015: Fier d’être Imbonerakure

Fridolin est encore jeune, brillant, étudiant à Sidi Bel Abbès, en Algérie, où il poursuit ses études universitaires en Sciences de la terre et de l’univers. Cela fait bientôt un an qu’il dirige la section des Imbonerakure implantée dans son pays d’accueil. L’image de cette ligue des jeunes affiliés au CNDD-FDD est fortement ternie au Burundi. Parfois à tort, défend-il.

Dans notre rétrospective de l’année, nous publierons, dans la mesure du possible, certains des textes les plus lus au cours de la palpitante année 2015.

Fridolin, Burundais, a passé les treize premières années de sa vie en Tanzanie. Depuis toujours, sa famille est engagée en politique. Son père est affilié aux Forces nationales de libération (FNL), ancien groupe rebelle ayant combattu durant la guerre civile en faveur des Hutu.

Fridolin dirige la section algérienne des Imbonerakure depuis bientôt un an.

Décidé de continuer à militer, il se tourne finalement vers le CNDD-FDD. Pour Fridolin, le parti actuellement au pouvoir au Burundi a réussi à rassembler et à réconcilier son peuple à l’époque.

« Manifester est un droit constitutionnel non négociable »

Aujourd’hui, la crise s’éternise dans le pays. D’un ton sec, l’air sérieux, le jeune Burundais signale : « Manifester, oui. C’est un droit constitutionnel non négociable. Mais ceux qui descendent dans les rues doivent respecter les droits de ceux qui ne le veulent pas. »

Selon Fridolin, le mouvement contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza n’a rien de pacifique. « Les organisateurs de ces manifestations n’encadrent pas les manifestants, accuse-t-il. Ils ont failli à leur responsabilité. Il est incompréhensible que des gens se mettent à barricader les routes, à incendier les voitures et les maisons, interdisant aux fonctionnaires de se rendre à leur travail. »

La contestation au Burundi, principalement dans la capitale, implique chaque jour de nouvelles victimes. Depuis l’annonce de la candidature du président, l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh) dresse un triste bilan : 70 morts et plus de 500 blessés, dont la plupart sont des civils.

« La ligue des jeunes Imbonerakure n’est pas une milice »

Imbonerakure, « les visionnaires » en français. Fridolin en est un. « Les lendemains sont meilleurs pour les optimistes et ceux qui en sont convaincus, affirme-t-il. La stabilité économique dépend essentiellement de la stabilité politique. » Malgré toute la violence qu’on attribue à ces jeunes militants, Fridolin est fier d’être un Imbonerakure.« Non, les Imbonerakure ne sont pas une milice ! Nous sommes des partisans de la démocratie, épris de paix, fortement attachés à la République et animés par un esprit de tolérance. Les Imbonerakure sont victimes d’une campagne de diabolisation et de médisance organisée par des personnalités politiques », clame-t-il.

À ceux qui leur reprochent de travailler de mèche avec la police, parfois l’armée, Fridolin répond de manière déterminée. « La question sécuritaire incombe à la police, reconnaît-il. Mais en tant que civil, nous sommes aussi appelés à préserver la paix et dénoncer ceux qui sèment le trouble. Cette tâche incombe à tout citoyen. »

La crise politique actuelle au Burundi n’a pas fait que des victimes, des déplacés et des réfugiés de camps. Dans les quartiers contestataires, les membres du CNDD-FDD ont aussi été obligés d’abandonner tout derrière eux. Certains ont été lynchés et d’autres ont reçu des menaces. Pourtant, ils vivaient en harmonie avec le reste de la population. Une leçon s’impose. Elle nous vient de Martin Luther King :« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »

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