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Etre emprisonné à Bujumbura: un privilège !

« Quand un proche est arrêté par les forces de l’ordre, la probabilité de le retrouver en vie diminue au fil du temps », rappelle le blogueur Spageon Ngabo. Mais pour ce dernier, cette sombre période prendra fin coûte que coûte car « les ténèbres précèdent toujours la lumière », dit-il .

La situation politico-sécuritaire se complique. Bujumbura devient  incontrôlable. De nouveaux phénomènes font surface. Les arrestations laissent place aux kidnappings puis aux demandes de rançon. Alors aujourd’hui, les gens préfèrent aller en prison plutôt qu’être « porté disparu » ou être « le corps sans vie gisant près de la route ».

Le meurtre devient monnaie courante au point où, parfois, on ne s’en émeut plus, même si on souffre de cette situation. On a peur à la maison comme à l’extérieur, on craint pour soi, pour sa famille et ses amis. Nul n’est à l’abri. La peur s’empare de tous les citadins et domine leur quotidien.

Les catalyseurs

J’aime scruter les réseaux sociaux qui sont aujourd’hui les canaux privilégiés pour nous informer sur ce qui se passe ici et dans le monde entier. Certains matins, on découvre des corps sans vie ou on apprend qu’un certain X, emporté par des hommes en uniforme, reste introuvable depuis quelques jours. Parfois on entend : « aidez-nous à le retrouver car nous sommes déjà passé par tous les cachots de la ville sans obtenir de nouvelles de lui ». Cela me rend amer. Ce n’est pas la faute de Whatsapp, ni celle de facebook ou twitter mais plutôt la nôtre, nous Burundais.

Si par chance, après avoir fait des recherches, je découvre l’endroit où se trouve la personne, j’informe la famille. Elle se réjouit et me remercie pour mon aide car elle a conscience que la personne aurait pu être retrouvée sans vie.

L’emprisonnement est devenu un privilège !

Malgré tout cela, je reste positif car je suis convaincu que : chaque chose à un début et une fin.

Après cette traversée du désert, il y aura forcément la terre promise. Ceux qui sontépargnés, vont « manger la vie », comme le chantait Avaghys.

Ne dit-on pas que les ténèbres précèdent toujours la lumière ?

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Les commentaires récents (1)

  1. Les personnes persécutées aujourd’hui ont une seule faute: Etre tutsi ou ne pas soutenir le 3ème mandat: mais chaque choseca son début et sa fin ! Wait and see !! Qui vivra verra.!!

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