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« Fuir ou pas ? La question me tourmente »

Elle a raté sa bourse d’étude suite à la crise que traverse le Burundi. Elle, c’est Louise Riziki, jeune étudiante, qui ne sait plus s’il faut fuir ce pays qui lui inflige tant de peines, ou rester tout près de sa famille. Partagée, dans son récit, la bloggeuse revient sur ses déceptions, espoirs et fantasmes.

Je rassemble mes vieux coussins presque plats qui me servent de matelas. Je commence à réfléchir sur l’avenir. C’est ma dernière année au secondaire. Une année  où j’espère que la vie me sourira enfin, moi l’aînée d’une famille sans père, avec une mère handicapée.  Les études sont mon seul espoir pour réussir ma vie.

Tout commence le 25 avril 2015. Le Cndd-Fdd choisit son candidat, Pierre Nkurunziza pour la troisième fois. Le lendemain, les manifestations commencent. Dans ma tête, les contestations ne vont pas durer. Quelques jours suffiront pour qu’elles s’estompent. C’est sans compter la détermination des manifestants.

Un mois, deux,…certains commencent à se programmer pour quitter le pays. Pour moi, c’est le moindre des soucis. Je me fais des amis parmi les manifestants pour qu’ils me laissent au moins aller étudier. Je dois marcher le matin. Les bus sont devenus rares. Mon objectif n’est pas juste d’obtenir un diplôme, mais réussir l’examen d’état avec succès pour obtenir une bourse d’étude. Je veux être épargné par ces grèves incessantes à l’Université du Burundi. Aussi, je n’ai les moyens de me payer une université privée.

Déception

Finalement j’obtiens mon diplôme. Je suis même la première de ma classe. Je réussis l’examen d’état sans aucune difficulté. Au lieu de danser, je pleure. La situation politico-sécuritaire se détériore. Presque tous les pays partenaires prennent des sanctions contre le Burundi et fini l’histoire des bourses d’étude. Mes rêves se volatilisent les uns après autres. Je commence à penser à fuir mon pays pour aller loin, très loin de cette tristesse qui ronge mon cœur constamment.

Mais que deviendrait ma famille après? La question me tourmente et je me réserve de partir. Sauf que je n’arrête pas de penser que le bonheur se trouve ailleurs.

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Les commentaires récents (1)

  1. Oh, désolé ma petite! On a déjà pissé dans le berceau que nous a légué nos aïeux. Nous autres avons raté plusieurs choses: amis, parents, opportunités,… et comble de malheur, ça dégénère!!!

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