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Consommer responsable, n’importe quoi !

Depuis un certain temps, la brasserie et limonaderie du Burundi, à la fin des pubs pour ses bières, lance des mots à peine audibles ou des écritures quasi-microscopiques sur les bouteilles ou autres support de promotion disant : « Consommer responsable ! ». Sauf qu’en réalité, c’est quasi-impossible. Ignorance ou manigance ? Là est la question.

Par Franck Nziza

C’est pour cette raison que je me suis dit que ne pas informer mes compatriotes ignorant la vérité qui se cache derrière cette façon détournée de présenter la situation, est irresponsable voire criminel de ma part (omission).

L’alcool est l’une des rares drogues licites, en vente libre et bénéficiant d’une promotion plus qu’agressive. La consommation de l’alcool est parfaitement ancrée dans la société burundaise et constitue même le symbole traditionnel de toute rencontre qui se veut réussie. Cela étant illustré par les multiples proverbes et paroles de sagesse rundi faisant la louange de la bière comme « Ubunyegeri buyagira kwigufa » pour dire « La discussion entre hommes se fait toujours autour d’un verre ». Et ce n’est qu’un seul parmi une multitude sans compter les dictons.
Mais bon… j’ai toutes les raisons de croire qu’il s’avère nécessaire de penser à adapter les réalités culturelles aux connaissances scientifiques actuelles après avoir pesé le poids des conséquences de chacun de nos actes.

La vérité sur la consommation

La consommation modérée ou « responsable » (du moins une consommation jugée non nuisible pour la santé selon l’Organisation Mondiale de la santé) équivaut à moins de 3 verres par jour pour un homme et moins de 2 verres pour une femme soit un peu moins d’une bouteille de 72 cl par jour.

En réalité, qui consomme responsable ? L’alcool est une drogue légalement vendue créant une dépendance chez ses consommateurs sans oublier les autres conséquences sanitaires (notamment sur le foie, le pancréas, l’estomac, le cerveau, le cœur, la reproduction, etc.), psycho-sociales et économiques. Et pour couronner le tout, c’est pratiquement la seule drogue qui peut tuer (dans le cadre du fameux délirium tremens) son consommateur au moment où il voudrait s’en débarrasser volontairement ou au cours d’un arrêt brutal de façon accidentelle.

Et contrairement aux idées véhiculées dans les débits de boissons :

– L’alcool ne désaltère pas, déshydrate par contre (rappelez- vous des maux de tête du lendemain d’une soirée très arrosée) ;
– Le corps humain n’a pas besoin d’alcool apporté sous forme de boisson. En cas de besoin, le corps dispose de tous les ingrédients pour en fabriquer ;
– L’alcool n’est pas énergétique car sa transformation demande plus d’énergie que celle apportée par la boisson ;
– Pour ceux qui cherchent de l’euphorie dans l’alcool, pas de chance car l’alcool a un effet dépresseur dominant.
Enfin, il est impératif de ne pas boire si vous êtes enceinte, mineur, conducteur de véhicule ou autre machine, vous avez une maladie chronique (hépatite C, épilepsie, pancréatite, etc.), vous prenez des médicaments ou si vous êtes un ancien alcoolo-dépendant.

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Les commentaires récents (1)

  1. L’alcool, c’et bien d’en prendre pour explorer ses effets, en général, négatifs. Il s’agit vraiment d’un déshydratant : il ajoute la soif à la soif. La nuit, après en avoir pris une grande quantité, on transpire, on éprouve une désagréable soif, on a envie de boire de l’eau.
    L’alcool n’est pas énergisant. C’est un excitant, qui enlève à la quantité d’énergie que l’on a. Prudence ! à celui qui est faible ou malade. La nuit on est surpris par des insomnies. Au réveil, on est faible, on baille pour dire que le corps tend à l’engourdissement, à la dévitalisation, au sommeil, à la mort.
    Contrairement aux idées dogmatiques des milieux politiques et économiques, l’alcool (la voie facile) constitue, dans la plupart des pays sous-développés consommateurs des bières, vins et liqueurs, un facteur de sous-développement le plus profond. Pris d’une façon incontrôlée, comme ici au Burundi, il inhibe les trois pouvoirs de l’homme : la pensée, la volonté et l’action (la production). En jetant du regard sur nos opérations, nos productions, est-ce que nous « voulons », vraiment ? Est-ce que nous « pensons » vraiment ? Nos pensées, embrassent-elles l’universel ? Dépassent-elles le cadre de notre environnement immédiat ? Nous sommes pauvres en culture et en infrastructures. Notre culture est d’alcool. Il suffit de voir nombre de fonctionnaires, sachets bleus à la main (contenant de médicaments) qui, après le travail mollement accompli, se dirigent vers les bistrots pour s’enivrer au lieu de prendre des livres pour s’enrichir en connaissances qui font de l’Occident et de l’Orient (Chine, Inde, Japon) des nations de culture et de richesse.

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