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« Il ne faut jamais compter sur la communauté internationale »

Devant ces cas assassinats devenus le quotidien de Bujumbura, le blogueur Eric Heza (pseudo) pointe du doigt la communauté internationale qui, selon lui, est très laxiste vis-à-vis de la situation.

Par Eric Heza

 

Parfois, dans mes tweets, je suis tenté de taguer Ban Ki Moon, Barack Obama, François Hollande,…pardon ! J’avais oublié : Fatou Bensouda, et tous ces hommes et femmes puissants qui ont la destinée de la planète au creux de leurs mains, me faisant croire à tort qu’ils pourraient s’intéresser à mon cri d’alarme, mes pleurs et mes angoisses pour enfin agir. La réalité m’a montré qu’ils s’en fichent éperdument.

J’exagère. Je m’en excuse. C’est la colère qui parle, pas moi. Faisons machine arrière pour y voir clair. Le 26 avril 2015, des manifs contre le troisième mandat contestable et inutile de Pierre Nkurunziza, éclatent. Bujumbura se déverse dans les rues pour dire « non ». Le pouvoir sort son artillerie lourde pour tenter de tuer dans l’œuf toute forme de contestation. Des hommes, des femmes, surtout des jeunes succombent au vu de tous, parfois même sous le feu des projecteurs des médias du monde entier.

En contrepartie, la communauté internationale n’a offert que des communiqués, rien que des communiqués. Ou presque. Les Nations-Unies se sont déjà réunies à maintes reprises pour parler du Burundi. La Cour Pénale Internationale entre dans la danse avec ses mises en garde qui, visiblement, ne font plus peur à personne ici à Bujumbura. La Maison-Blanche ne cesse de sortir des déclarations. En face de tout ça, Mutakura, Cibitoke, Musaga, Kanyosha, Ngagara, …ça brule. Des jeunes se font massacrer. Les bourreaux se vantent, le pouvoir les félicite. Et puis, rien ! Ceci me rappelle malheureusement le Rwanda de 1994. Plus d’un million de Rwandais se sont fait tuer, comme ça, sous le regard laxiste de la communauté internationale. Qu’a-t-elle appris de cette tragédie ? Apparemment pas grand-chose. Des Burundais sont en train de se faire tuer par ceux censés les protéger, et on reste bras croisés. Ok. Cool ! Au moins, on a une leçon : il ne faut jamais compter sur la communauté internationale. Si on veut que les choses changent, c’est au peuple burundais de se battre.

P.S : Loin de moi l’idée d’évoquer un probable génocide ici au Burundi. Non seulement, ce n’est pas mon souhait, c’est aussi très peu probable un tel scénario, le conflit étant fondamentalement politico-économique.

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