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Femmes, osons entreprendre !

Styliste, créatrice de mode et accessoiriste, Krystal Shabani est une jeune femme entrepreneure. « Krysbel Design », le nom de son entreprise. Son souci est de voir la femme burundaise « oser » entreprendre. Comme elle le souligne souvent, les difficultés ne manquent pas dans toute entreprise mais elles sont encore plus prononcées quand il s’agit d’une femme.

Au Burundi peu de femmes entreprennent et la réussite dépend toujours de l’acharnement et du sérieux que l’on met dans son entreprise, quel que soit le genre. Cela étant, les femmes d’affaires ne manquent pas au Burundi. Les femmes entrepreneures sont aujourd’hui plus nombreuses qu’il y a dix ans. L’entrepreneuriat féminin se heurte à beaucoup plus de problèmes : le manque de financement, misogynie, l’éducation, entre autres.

L’un des secteurs souvent ignorés dans notre pays est l’agriculture. Ce secteur emploie beaucoup de femmes. Ce ne sont pas les débouchés qui manquent. Le marché est énorme mais c’est un secteur dans lequel la jeunesse ne s’implique pas assez. Et dans ce domaine, les femmes sont majoritairement plus engagées que les hommes. Dans nos campagnes, ce sont les femmes qui s’adonnent aux travaux champêtres. Dans les villes, les petits commerces de fruits, épices et légumes sont tenus par les femmes. Et si ces femmes qui, à partir d’un capital de 10000 francs, parviennent à nourrir une famille, imaginez ce qu’elles pourront faire avec dix fois plus.

Ce qui peut être recommandé aux décideurs et bailleurs des fonds

Améliorer le système d’éducation en liant la théorie à la pratique : Il faut toujours lier la théorie à la pratique dans les écoles surtout dans entrepreneuriat et dans les secteurs porteurs d’emplois. Nous avons grandi avec l’objectif inculqué par nos parents et nos professeurs d’étudier pour trouver du travail. Mais maintenant, il n’y a plus de boulot dans le secteur public et c’est difficile d’en avoir dans le privé. Il faut donc que l’éducation soit basée sur la création que la demande d’emploi.

Multiplier des formations dans les secteurs porteurs d’emplois : Il faut qu’il y ait plusieurs formations pour les femmes pour qu’elles apprennent à différencier le commerce et l’entrepreneuriat ainsi qu’à écrire un bon business plan afin de pouvoir lancer des startups sans gros budget.

Être à jour avec ce qui se passe au monde entier : voyager et être au courant avec ce qui se passe ailleurs même ici tout près dans les pays voisins comme le Rwanda ou l’Ouganda qui sont sur une bonne pente dans le domaine de l’entrepreneuriat en général et entrepreneuriat féminin en particulier.

Il faut que les femmes se cultivent en recherchant des informations dans des domaines qui sont les leurs. Il faut qu’elles parviennent à s’imposer en innovant. La femme burundaise doit apporter quelque chose de nouveau au monde.

Créer des clubs d’investissement : Si on veut changer, on doit commencer entre nous avec ce qu’on a. Et pour ça, il faut qu’on crée des fonds d’entraides mutuelles dans lesquels on va cotiser régulièrement.

L’entrepreneuriat féminin est encore, malheureusement, à un stade embryonnaire. La plupart de femmes n’entreprennent pas. La cause est d’ordre culturel. On privilégie l’éducation des garçons. Et pour que cela change, il faudrait que les femmes dépassent leur peur pour oser. Qu’elles approchent des micro-finances pour qu’elles puissent bénéficier des financements pour leurs entreprises et se rassemblent en association.

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