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Intolérance, quand tu nous tiens

De petits gestes du quotidien façonnent notre attitude avec la répétition. A un moment donné, on ne s’en rend plus compte. On s’y habitue et entre-temps, ils deviennent dangereux. C’est ainsi que nous adoptons certains comportements au fil des années qui ne sont pas dignes. Par un petit exemple du quotidien, Franck NZIZA nous parle de cette culture d’intolérance que nous adoptons au jour le jour.

Par Franck Nziza

Début d’année 2015. Il est 12h 24 minutes. Les téléphones placés à côté de l’oreille des habitants de Bujumbura. L’indicatif du journal de la Radio Isanganiro s’entend en chœur. Quelques instants après, le journaliste dresse le sommaire. A noter que durant cette période l’actualité est dominée par la préparation des élections générales ainsi que les violations flagrantes des droits de l’homme perpétrées un peu partout dans le pays.

Comme si les auditeurs s’attendaient à des nouvelles particulières, certains allaient jusqu’à éteindre leurs postes lorsqu’ils jugeaient, dès la charpente du journal, que les nouvelles n’étaient pas suffisamment sensationnelles à leur goût « amakuru yuno musi ntaryoshe » pour dire « les informations ne sont pas intéressantes aujourd’hui » comme quoi s’informer devrait avoir un caractère amusant.

Il est 12h 29 min, les inconditionnels de la Radio Publique Africaine zappent les informations des autres stations. Ils passent sur la fréquence de « la voix des sans voix » mais là aussi aller jusqu’au bout du journal dépend beaucoup plus du degré de sensationnel qui se fait sentir dans la voix des journalistes. Ce qui ne réduit pas à néant le professionnalisme des journalistes non plus la pertinence de l’information donnée. Et la Radio Sans Frontière Bonesha FM vient clôturer à 12h45. Cet intervalle de 12h30 à 13h00 est devenue quasi-sacrée car presque totalement dédiée à l’information radiophonique de la mi-journée.

Ah… Pardon, j’ai failli oublier la Radio nationale et Rema FM qui étaient les promoteurs de l’action gouvernementale et qui trouvaient entre autres les auditeurs auprès des chauffeurs qui conduisaient les hautes personnalités de peur de donner une mauvaise image auprès de leurs patrons en écoutant les radios ci-hauts citées considérées alors comme les « ennemis de la nation ». Surement aussi une autre partie de l’audience se recrutait parmi les adeptes du parti au pouvoir « biyemera » pour dire « fiers de leur parti ».

La déduction

Mon constat a été que les Burundais aiment écouter ce qu’ils veulent entendre plutôt que la réalité ou la vérité qui sont des fois dures à admettre. Cela a pour conséquence majeure le risque de sombrer dans l’intolérance voire même l’extrémisme. La suite vous la connaissez. On juge celui qui parle avant qu’il ne dise quoi que ce soit et cela à l’échelle d’un médium, c’est catastrophique.

Bref, écoutons celui qui parle. Lisons celui qui écrit. Interprétons celui qui dessine peu importe ce qui il est ou d’où il vient. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons nous faire du bien mutuellement.

Pas de règles sans exception « Ne discutez jamais avec un imbécile, il te fait descendre à son niveau et te bat par expérience » Albert Einstein.

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