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De la sensibilité sélective

La communauté internationale, surtout l’occident, agirait subjectivement. La crise politique qui secoue actuellement le Burundi ne peut être résolue avec des sanctions à l’encontre d’un seul camp. C’est le condensé de l’opinion Fridolin Nzambimana. Pour lui,  rester dans le bras de fer ne bénéficiera à personne. 

Par Fridolin Nzambimana

La fin d’une période marque le début d’une autre. On pourrait croire que la candidature de Nkurunziza est la racine de tous ces maux mais les choses vont au delà de ce prétexte.

Le Burundi a été et il est encore une cible d’un conflit géostratégique entre les grandes puissances mondiales car cette candidature n’était que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. N’eût été la fermeté et la détermination des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et surtout de la Chine et de la Russie au Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui ont barré la route aux Américains et Européens, Nkurunziza et son parti ne seraient en ce moment qu’une page d’histoire refermée. Chaque acteur avec ses défauts : une opposition politique en débandade et immature souffrant d’une carence de crédibilité aux yeux de la masse électorale, une société civile politisée, un régime moins préventif mais ayant un soutien populaire indéniable.

Au 21ème siècle, c’est la démocratie, la volonté du peuple, seul détenteur de la souveraineté qui prime. La volonté du peuple reste l’élément incontournable à la démocratie et le reste n’en constitue que des attributs. Pendant que certains préparaient les élections, d’autres préparaient un plan à la Burkina-Faso pour « Compaoriser » Nkurunziza alors qu’il s’agit de deux pays différents, de deux peuples différents et de deux contextes aussi différents.

Malgré l’échec du coup de force du 13 mai dernier et la réussite du processus électoral, les détracteurs du régime de Nkurunziza ne lâchent rien. Récemment, l’Union Européenne a pris des sanctions contre trois personnalités autour du Président Nkurunziza et l’Union Africaine menace d’aller dans ce sens. Moins surprenant pour une organisation dont le budget dépend à plus de 70% de l’Union Européenne et des États-Unis. L’Union Européenne compte lancer également des consultations sur l’article 96 des accords de Cotonou, ce qui conduirait à une suspension de tout soutien financier initialement destiné au gouvernement. Tout cela, en vérité, ne vise qu’une chose : mettre à genoux le pouvoir de Bujumbura.

Ils exigent le retour à la table du dialogue et le camp présidentiel a manifesté sa volonté positive en initiant le dialogue inter burundais sous la facilitation ougandaise. C’est un début prometteur. Chercher des négociations sur le dos des crimes mérite condamnation quel que soit le bord. On nous crée des héros à chaque lever de soleil alors qu’on sait bien qu’ils ne reviendront pas. Un d’eux avait dit : « l’échec de la contestation pacifique sera le début d’une guerre civile». Quand des agents de la police sont enlevés et fusillés, cela n’émeut apparemment que peu, mais si la police se défend, nous perdons la raison. Quelle sensibilité sélective !

La violence est à condamner quelle que soit sa source, ce qui n’est vraiment pas le cas chez certains messieurs. Ce qui est étonnant est que certains des pays qui harcèlent le pouvoir de Bujumbura abritent sur leurs sols des personnalités politiques et activistes qui sont recherchés par la justice burundaise pour leur implication dans les manifestations violentes et dans le putsch avorté.

Il est peut-être temps que la communauté internationale, surtout l’occident, participe positivement au renforcement de la paix et de la sécurité. On peut se dire qu’on apporte une solution à un problème alors que la façon dont on s’y prend ne fait qu’empirer les choses. Rester dans le bras de fer ne bénéficiera à personne. Ces sanctions ne seront jamais une solution à cette crise politique. Si elles étaient politiquement inclusives et non aveuglement partisanes au moins.

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