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Élection=démocratie en Afrique?

« On a démocratisé la RDC vers les années 1990. Le combat qu’il faut mener aujourd’hui, c’est de démocratiser les individus. »

La tenue des élections en Afrique est-elle un gage de la bonne marche de la démocratie sur le continent ? Quel bilan faire de l’évolution démocratique en RDC ?

Josué Mfutila Kiangata, Aaron Malu Mukeba et Martin Nomapungu sont de jeunes étudiants à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication à Kinshasa. Ils partagent avec nous leur grille de lecture de l’état de la démocratie sur leur continent et dans leur pays, la RDC.

Cette édition de Rencontres et Profils est produite par Razzack Saïzonou.

Voici quelques extraits de cette édition, retranscrits ci-dessous :

Razzack : La tenue des élections en République démocratique du Congo est-elle une preuve de la consolidation de la démocratie dans votre pays ?

Martin : Je dirais pas du tout, car c’est pendant les élections qu’il y a du désordre. Mais aussi, les organes chargées d’organiser les élections n’assurent pas la transparence dans la gestion de ces élections.

Razzack : À quoi cela est-il dû ?

Martin : Certains candidats crient à la victoire avant les élections ; ils insinuent que les dirigeants des institutions chargées d’organiser les élections sont de telle obédience. Or ces institutions doivent être neutres, indépendantes. Cet organe est composé d’hommes politiques ; ils viennent avec leurs tendances politiques.

Razzack : Pensez-vous donc que les élections n’assurent donc pas forcément le bon fonctionnement de la démocratie en Afrique en général ?

Josué : D’une manière générale, la littérature nous enseigne qu’il faut organiser les élections dans un contexte apaisé. Or ici en Afrique, ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une culture empruntée, une culture des Occidentaux qu’on est venue imposer ici en Afrique. Avec la colonisation et l’accession à l’indépendance, plusieurs pays africains ont raté le train du développement.

Razzack : Si ces élections sont issues d’une culture empruntée, n’est-il pas temps de s’approprier cette pratique démocratique en Afrique ?

Aaron : Ici en RDC, on ne maîtrise pas cette notion de la démocratie. En 2011, ce ne sont pas ceux qui sont au pouvoir qui ont été élus par le peuple. C’étaient des élections chaotiques. Or normalement, quand il y a élection dans un pays, il faut qu’il y ait un passage symbolique du pouvoir, ce qui n’est pas le cas ici en RDC.

Martin : Moi, je pense que les principes démocratiques sont universels et que nous sommes censés respecter ces principes. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le système héréditaire africain d’hier était un bon système.

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