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Maintenant, elle est partout !

Aujourd’hui, Bujumbura devient une « ville-enfer. » Des corps mutilés qui sont ramassés dans des caniveaux. Des familles décimées jusqu’au dernier membre. Des braquages en pleine journée. Un Far West où des crimes se commettent. Inès, à travers ce billet, rappelle le quotidien des habitants de Bujumbura qui vivent la peur au ventre. 

Par Inès Ininahazwe

Les jours se suivent et se ressemblent. L’aube tarde à venir. Un lendemain chantant, où chacun espère se lever du bon côté du lit, ne peut pas venir en ce temps à Bujumbura. La ville qui m’a vu naitre, me montre chaque jour ce kaléidoscope qu’est la vie. Les jours pouvaient s’annoncer pluvieux ou trop ensoleillés mais personne n’avait peur de quitter chez soi, il y a quelques mois. On pouvait se lever avec l’espoir de voir passer une journée remplie de bons moments même si des désagréments ne pouvaient manquer. Le pire n’était pas toujours sur le menu. Le soir, on tardait à rentrer. Retrouver sa famille, ses amis et siroter une bière autour d’une discussion égayée, c’est fini. Bref, un quotidien ordinaire avec ses hauts et ses bas.

Une époque qui semble révolue. Aujourd’hui, on se couche la peur au ventre, craignant que la journée ou la nuit se transforme en un enfer. La mort est partout, dans la rue, les ménages, et sur les réseaux sociaux. Nos familles, amis, burundais de même sang sont sauvagement tués, par des Burundais. L’humanité fait place à la barbarie. Des parents arrachés à leurs enfants et vice-versa. Les cœurs sont tant meurtris dans un Burundi qu’on croyait paisible et humaniste. Une triste réalité ! Aujourd’hui, chacun vaque à ses occupations, mais le cœur plus lourd que d’habitude. « Serai-je le prochain», Se demande chacun.

Face à cette escalade de violence, comment ne pas penser à l’exil ?  La crainte de l’inconnu, des mésaventures parfois incontournables de la vie d’exil, est plus insignifiante que celle de périr chez soi, à la maison. N’importe où dans la rue, la faucheuse peut nous rencontrer. Le cauchemar semble s’éterniser. Et pendant ce temps, les gens digèrent, gèrent différemment cette frustration, cette peur. Certains ont été contraints à l’exil, avec leurs familles. Comment survivent-ils ? Je n’en sais pas grand-chose. Ceux qui restent, ont choisi cette option pour des raisons diverses, ça je sais au moins. Mais pendant ce temps, il y a un malaise chez nous, dans ce Burundi de Nyaburunga.

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Les commentaires récents (1)

  1. Voila` l’exemple typique d’un gouvernement dictatorial. Pourquoi ces tueuries surtout au Burundi? Le kidnapping mortel est devenu une habitude. C’est domage aux enfants d’assister aux cadavres des gens qu’on connaisse car cela perturbe leurs memoires.

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