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Après le nouveau mandat, la paix

Le blogueur Fridolin Nzambimana voit la contestation d’un mauvais œil. D’après lui, son président a brigué légalement le nouveau mandat. Aujourd’hui néanmoins, les points de vue apportent peu. Fridolin souhaite avant tout tourner la page. Il est temps de briser le cycle récurrent de la violence.

Depuis le début de la crise politique au Burundi, plus d’un ne cesse de dire que le CNDD-FDD a été maître de cette situation et de blâmer Pierre Nkurunziza comme étant sans doute à l’origine des troubles. Dans plusieurs localités de Bujumbura, les gens ont manifesté. En vérité, ces mouvements n’étaient pas le fruit du hasard : ils ont été fondés bien avant que Nkurunziza ne soit désigné candidat.

Les instigateurs de la contestation savaient bien ce qu’ils faisaient. Ils s’attendaient à réaliser une chose extraordinaire dans l’histoire du Burundi : faire tomber le gouvernement en se servant des manifestations violentes pour aboutir au renversement de l’ordre constitutionnel par un coup d’État.

Légitimité du nouveau mandat

Le « nouveau mandat » de Nkurunziza était-il vraiment le point de départ de ces mouvements tout sauf pacifiques ? À mon sens, ce mandat n’était que l’arbre qui cachait la forêt ; la forêt étant le système établi. Les contestataires ne cherchaient pas à empêcher Nkurunziza d’accéder à la chaise présidentielle, mais à en finir une fois pour toutes avec le régime du CNDD-FDD.

La naissance des frondeurs au sein du parti présidentiel juste avant la tenue du congrès extraordinaire pour désigner le candidat pour les présidentielles était-il une coïncidence ? À mon avis, c’était un volcan qui venait d’éclater au grand jour, ayant pris un long moment pour se réaliser.

Ce n’est pas la candidature de Nkurunziza qui a motivé les défections, mais bien les défections qui ont stimulé la candidature de Nkurunziza. Les frondeurs avaient tissé des liens avec ceux qui avaient passé des années à vendre la peau du parti présidentiel, surtout de sa jeunesse. Ils n’avaient aucune crédibilité aux yeux de tout membre soucieux de la survie du parti.

« Et si on essayait de construire ensemble l’avenir de ce pays ? »

Nkurunziza en particulier et le CNDD-FDD en général ont fait l’erreur de ne pas prendre le temps de préparer celui qui devait assurer la succession. Ne pouvant laisser les affaires aux opportunistes, le président a profité de la faille dans la loi sur le mode d’élection et sur le nombre de mandats autorisés pour se représenter. De mon point de vue, la candidature de Nkurunziza était légitime au regard de la loi mais, politiquement, les risques s’intensifiaient.

Et maintenant ?

Faut-il vraiment continuer à se fatiguer, à prolonger cette violence qui ne profite à personne ? Et si on essayait de construire ensemble, main dans la main, surtout nous, les jeunes, l’avenir de ce pays ? Un Burundi de confiance, de respect mutuel et de considération de la personne humaine. Si ces politiciens ont échoué à nous inspirer, pourquoi ne les amènerions-nous pas à s’inspirer de nous ? J’y crois sincèrement.

Parlons de paix, oublions nos divergences, mettons en avant ce que nous avons de commun. Les présidents se succéderont, les régimes passeront, mais ce pays restera. Si nous participons à sa destruction pour une histoire éphémère, les générations futures nous en voudrons de leur avoir légué un pays déchiré.

Il est irresponsable de vouloir à tout prix accuser son adversaire. Si nous voulons un Burundi pour tous, nous devons mettre de côté nos tendances politiques, penser que notre diversité est une richesse. « Apprenons à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots », disait un grand monument de l’histoire, Martin Luther King.

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