article comment count is: 0

Non, je ne suis pas complice de l’insécurité à Bujumbura!

En réponse à un blog écrit par Éric Heza*, Jimmy Kagabo* rétorque que les habitants de Bujumbura, même s’ils sont opposés à Nkurunziza, ne sont pas tous complices de l’insécurité. Il livre ici son analyse sur les sources de cette violence qui ne cesse de frapper la capitale burundaise. Pour lui, la paix passe par la négociation avec le pouvoir.

J’écris ce billet pour m’indigner contre celui-là. Le blogueur qui a préféré publier sous pseudonyme prétend que les habitants de Bujumbura sont complices de l’insécurité qui y règne pour la simple raison qu’ils ont été nombreux à soutenir le combat contre le troisième mandat.

Bujumbura n’est pas devenu Bagdad parce que des gens étaient dans la rue

Nous sommes nombreux à nous opposer à ce mandat mais nous voulons la paix.

Ce n’est pas vrai. Moi, je suis de ceux qui pensent que ce troisième mandat de Pierre Nkurunziza est un mandat de trop. Mais je ne pense pas que la voie des armes soit la bonne. Je suis bouleversé quand des gens sont assassinés chaque jour et je suis convaincu que c’est le cas pour la majorité des habitants de notre capitale.

Nous sommes nombreux à nous opposer à ce mandat mais nous voulons la paix. D’ailleurs, ce sont les simples citoyens qui meurent quand il y a des affrontements entre des hommes armés et la police et l’armée, et c’est la même population qui souffre quand leurs quartiers sont assiégés, immobilisés, étouffés par la police quand elle vient chercher des armes.

Ce n’est pas parce que des gens sont descendus dans la rue que Bujumbura est devenu « Bagdad » ! Si la situation a dégénéré, c’est principalement pour deux raisons : la répression policière et l’absence d’un plan B de la part des organisateurs des manifestations.

L’absence de plan B de l’opposition ou l’erreur tragique

La répression policière, le monde entier l’a vue. Les policiers ont tiré à balles réelles sur les manifestants, plusieurs dizaines sont morts et plusieurs centaines ont été emprisonnés. Et comme nous le savons, la violence appelle la violence.

Mais l’autre source de l’insécurité est la erreur de l’opposition au troisième mandat : les organisateurs des manifestations n’avaient pas prévu de plan B. Or, il fallait se poser la question depuis le début : que faire si les manifestations ne parviennent pas à chasser Nkuru ? Si l’opposition y avait réfléchi, elle aurait pu envisager d’autres moyens de lutte.

L’enjeu suprême est de parvenir à convaincre Nkurunziza de négocier. Comme par le passé, la paix ne passera que par les négociations.

En l’absence de ce plan B, les jeunes des quartiers contestataires, outrés par la violence policière, abandonnés par les leaders du mouvement contestataire partis en exil et armés par les militaires-rebelles qui ont raté le coup d’État, n’ont pas eu beaucoup de choix. La voie des armes s’est imposée à eux.

Mais cette voie armée ne peut être que provisoire. On ne peut pas créer une guérilla dans un quartier périphérique de la capitale et espérer vaincre toute l’armée et la police de Nkurunziza, malgré les divisions flagrantes qui s’observent dans ces institutions.

Si l’opposition considère sérieusement la voie des armes, il faudra délocaliser et aller s’organiser dans un pays voisin, comme l’ont fait d’autres groupes rebelles avant. Mais l’enjeu suprême est de parvenir à convaincre Nkurunziza de négocier. Comme par le passé, la paix ne passera que par les négociations.

Partagez-nous votre opinion

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.