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« Ne m’attendez pas pour déjeuner »

3 Mai 2015. Un jour à jamais marqué dans l’histoire de notre cher pays et dans le cœur de bon nombre de Burundais ou du moins ceux qui luttent actuellement pour le respect des Accords d’Arusha et de la Constitution et qui bravent moult dangers pour crier haut et fort le slogan phare de la contestation « non au 3ème mandat » ou encore « sindumuja » ([TRADUCTION] « je ne suis pas un esclave »).

Par Enfants du Pays

Cette journée représentait en quelque sorte une sortie de l’impasse dans laquelle le pays se trouvait depuis quelques semaines. Michel Nkurunziza alias « Michou » devait penser la même chose lorsqu’il se dirigeait vers le centre-ville comme de nombreux citoyens à l’annonce du coup d’Etat.

Ce matin-là, l’air était chargé. Une ambiance, une détermination renouvelée de la part des manifestants pouvait être sentie. Était-ce l’occupation de la Place de l’indépendance par le mouvement des femmes ? Nul ne peut le dire avec certitude. Un vent d’espoir soufflait sur la Capitale malgré la grande répression dont faisaient preuve les policiers ce jour-là contre les manifestants.

Imaginez ce qu’a pu ressentir Michou à l’annonce du coup ? L’heure n’est plus aux débats politiques, mais à l’allégresse et au soulagement presque douloureux. Enfin une issue après ces longues journées éprouvantes de manifestation, à esquiver les balles, à courir se mettre à l’abri, à revenir et braver les canons, à crier slogans et chanter hymnes au nom de la patrie. L’heure est à la célébration, à la renaissance des rêves étouffés.

Michou, qui, quelque fois, assurait la distribution d’eau aux manifestants pour que ceux-ci se désaltèrent et se remettent aussi des effets des gaz lacrymogènes, disait qu’il n’arrêterait que quand le président aura renoncé à briguer ce 3ème mandat.

La joie ne fût que de courte durée. Selon le récit d’Eloge son jeune oncle, Michou aurait reçu une balle en plein cœur, lorsqu’il se dirigeait vers le centre-ville accroché à l’arrière d’un véhicule de la radio Isanganiro. Il serait mort sur le coup.

Une autre jeune vie fauchée, des aspirations et des rêves à jamais volés non seulement pour Michou mais pour sa mère, sa petite sœur et son petit frère qui comptaient sur lui pour une vie meilleure; surtout après la mort de leur père, Jean-Pierre Bigirindavyi plus tôt en avril.
Oui, Michou représentait l’espoir. Il nourrissait l’ambition de devenir un ingénieur renommé en informatique.

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