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Monica, l’incarnation de la détermination

Monica, quatorze ans, vivait avec ses parents, ses frères et sœurs. Issue d’une fratrie de six enfants, les pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur le nord de Bujumbura le 9 février 2014, à Gatunguru, avaient emporté son père. Le corps de ce dernier fut retrouvé au lendemain de l’inondation, flottant dans la rivière Gasenyi. Elle était encore quatrième année de primaire.

Par Idriss Muhoza

La maison dans laquelle vivait famille de Monica fut détruite, comme des dizaines d’autres à Gatunguru. Attendant un soutien et un geste humanitaire de la part de l’État, l’espoir de cette aide s’est estompé au fil du temps. Personne n’était allé les assister, mêmes pas les humanitaires.

Le quotidien devenait de plus en plus insupportable dans une famille où le père était la principale source de « survie. » Ne trouvant plus de quoi se nourrir, la famille de Monica s’est séparée. Chacun allant chercher de quoi survivre. La jeune fille s’est retrouvée dans les rues de Bujumbura à mendier pour se trouver de quoi mettre sous la dent. Elle mendiait toute la journée. Le soir, comme beaucoup d’autres enfants « de la rue », elle dormait devant les magasins se trouvant dans le centre-ville de Bujumbura. Les moustiques et toutes sortes de bestioles lui tenaient compagnie.

Le troisième mandat, le mal de plus

Avec les manifestations contre le troisième mandat du président Nkurunziza, elle a été obligée, comme d’autres enfants qui vivent dans les rues de Bujumbura, de quitter le centre-ville. « Depuis le début des manifestations, on ne peut plus dormir dans le centre-ville comme c’était avant. Les policiers qui patrouillent pendant la nuit nous tabassaient. Un de mes amis y a même laissé la vie. Aujourd’hui on est obligé d’aller dormir dans les chantiers se trouvant dans d’autres quartiers, » raconte-t-elle dans toute son innocence.

Malgré que Monica ait résolu son problème d’ « abris », les fillettes vivant dans la rue sont la proie facile des pédophiles. Des adultes les pourchassent et les violent. « Les veilleurs qui gardent ces chantiers nous malmènent et certaines de mes amies se sont déjà fait violer par ces veilleurs, » confie la petite Monica, larmes au yeux.

La fillette ne rêve que d’une chose : continuer ses études et devenir médecin. Monica s’est réjouie d’avoir reçu le matériel scolaire l’école grâce à la dame qu’on surnomme «Maman dimanche». Elle continue à espérer que demain sera meilleur et qu’une âme charitable pensera à elle. Monica est une fille forte qui compte réaliser ses rêves malgré sa situation actuelle.

N.B le blogueur ayant rencontré Monica nous renseigne qu’elle n’est plus dans la rue, d’après une de ses amies. C’est pourquoi une partie du texte original a été supprimée. Elle aurait trouvé un foyer où elle vit avec d’autres filles depuis deux jours.

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