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Comme sur une autre planète

C’était sous une paillote en chaume que des jeunes entrepreneurs burundais se sont rencontrés autour du thème « chômage et du sous-emploi au Burundi ». Les orateurs principaux étaient Landry Mugisha, fondateur et directeur d’Akeza Trademark et Hugues Hardy Ruremesha, fondateur de l’association Jeunesse au Service d’un Burundi Meilleur (JSBM),

L’actualité à Bujumbura était dominée par l’attentat contre le chef d’état-major de l’armée. 16h, les participants viendront-ils ? La rumeur enflait comme on en a l’habitude d’ailleurs : « à 19 h, il faut être à la maison » annonçaient des messages qui tombaient en mode « alerte » sur nos téléphones. Devrions-nous renoncer au forum de discussion #ParlonsSolutions ? Non, cela fait des mois que nous nous sommes préparés pour cet événement. Mais dans quelle aventure nous lançons-nous avec une telle tension à Bujumbura ? Est-il possible que des jeunes leaders de tous les domaines se rencontrent pour en inspirer d’autres ? Attendons. Ne pensons à aucune annulation pour le moment ! Tout ceci se passait dans ma tête.

La modératrice, Dacia Munezero, anxieuse, n’arrêtait pas de consulter sa montre. Quelques photos pour détendre l’atmosphère avec Gratia Ancilla Ndikumana, la coordinatrice du projet. C’était la première séance physique de la campagne #ParlonsSolutions. L’heure était, peut-être, aux questionnements. Et timidement, des invités, à compte-gouttes, arrivaient.

Finalement on pouvait commencer, l’espace était restreint. Une dizaine de personnes. « Pas besoin d’avoir un grand monde, c’est la qualité des participants qui comptent » disait Elysé lors des préparatifs. Ces mots me revenaient au moment où les invités se présentaient. La qualité, il y en avait eu. L’essentiel était fait et nous passions aux choses sérieuses.

Une discussion de haute facture

Les langues n’étaient pas une barrière. Le débat pouvait virer du Kirundi au français, du français à l’anglais sans que l’on ait besoin d’un traducteur : les premiers codes d’un entrepreneur sont maitrisés. Une maitrise des langues, dit-on, c’est bon pour les affaires. Entre des jeunes Burundais modernes, soigneux et respectueux les uns envers les autres, « on se croirait sur une autre planète. » si je me permets de reprendre les mots d’Hugues Safari, un participant.

Forum Parlons Solutions

Hugues Hardy, premier orateur, était beaucoup revenu sur la nécessité de changer de mentalité : « Nous ne devons pas toujours attendre tout de l’État, nous sommes capables de travailler ensemble et arriver à quelque chose » a-t-il souligné. Son association J.S.B.M a déjà permis à plusieurs jeunes de lancer leurs propres activités génératrices de revenus, et ce, grâce aux diverses formations qu’ils reçoivent à travers elle.

Après son exposé, un débat s’en est suivi, portant essentiellement sur des questions de financement. Comment cette association finance-t-elle les jeunes qu’ils forment pour les propulser dans le monde du travail ? « Avoir des formations continues sans avoir plus tard l’argent pour lancer son propre projet ne sert à rien », une observation d’Alida.

Hardy a alors mentionné que les jeunes de leurs associations étaient accompagnés plus tard par des mentors entrepreneurs issus des différents domaines dans lesquelles ils s’intéressent : cinéma, théâtre, événementiel,… Il a également souligné que l’un des membres de l’association avait déjà une entreprise active dans l’agro-business.

Le deuxième exposé fut celui de Landry Mugisha, directeur de Akeza Trademark. Il a rappelé les recommandations faites, publiées sur le site de Yaga et a insisté sur trois faits :

– L’octroi d’une aide financière aux jeunes entrepreneurs
– S’intéresser aux avantages que donne l’État aux entrepreneurs
– Prendre le risque d’entreprendre tout en se formant et en se référant aux modèles locaux et internationaux.

Il a exhorté les bailleurs en général et à Spark en particulier de soutenir les jeunes entrepreneurs qui ont déjà fait leurs preuves afin de les aider à s’agrandir et à se développer. « Donner l’argent aux entrepreneurs et non [exclusivement] aux associations. Ceux sont eux les créateurs d’emplois », martelait-il.

Suivez-nous tous les vendredis, à partir de 16h (heure de Bujumbura) avec #ParlonsSolutions sur Twitter. Posez vos questions en direct, nos orateurs répondront.

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