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L’I.J.R secoue les jeunes des Grands Lacs

Des histoires émouvantes, des témoignages inédits, des échanges édifiants avec des débats houleux, c’est l’ambiance qui régnait à Nobleza Hôtel, à Kigali, du 23 au 26 août entre jeunes rwandais, burundais et congolais pour parler « paix, réconciliation et développement ».

Par Armel Gilbert Bukeyeneza

Anne, jeune étudiante Congolaise, ambitieuse, qui s’est retrouvée sur des terres qui lui sont inconnues à la recherche du savoir ne devrait pas trahir ses parents, encore moins l’histoire : « fais gaffe ma fille. N’apprends aucun mot kinyarwanda. Surtout, ne nous amène pas un Rwandais ici à ton retour ». Anne ne devrait pas poser beaucoup de questions, elle devrait plutôt se rappeler de ces derniers mots de sa maman avant d’embarquer pour Kigali, à chaque fois qu’un jeune Rwandais viendra la draguer.

Claude, Rwandais, allait finir ses études de médecine dans l’une des universités au Burundi. Pourtant, il vient de plier bagage. « Ma sécurité est menacée », a-t-il lancé à ses camarades, à la veille de son départ. C’est le dossier du troisième mandat présidentiel dont les conséquences touchent les pays voisins.

Trois pays aux histoires liées, aux politiques tels des vases communicants, aux peuples avec des mœurs avoisinantes, et surtout avec une jeunesse au centre des enjeux socio-économiques et politiques.

L’IJR, Institute for Justice and Réconciliation, l’a compris. « Les jeunes de la région des Grands Lacs constituent le grand potentiel de développement pour les trois pays», a révélé Patrick Hajayandi, de l’IJR, précisant que « si une telle organisation a osé réunir les jeunes rwandais, burundais et congolais, c’est qu’elle croit en eux, en leur capacité de réconciliation, en leur créativité pour être des solutions aux problèmes qui hantent les trois pays». Au politologue Gérard Birantamije de renchérir, « les jeunes sont souvent les faiseurs de crise, il est temps de renverser la tendance ».

Une rencontre qui s’est bouclée sur la soif des jeunes participants comme ce Congolais qui jurait: « Plus question de baisser la garde. Je me battrai pour que mon journal universitaire aille encore beaucoup plus haut. C’est ma contribution au processus de réconciliation, et au changement des mentalités des jeunes pour leur auto-développement ».

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Les commentaires récents (1)

  1. La jeunesse de la Région des Grands Lacs a toujours été instrumentalisée et utilisée dans les conflits. Je pense qu’il est effectivement temps de penser a inverser la tendance.
    Il est très dommage de constater que tout le monde semble hante par les démons de la violence. Et pourtant, la violence conduire a plus de violence. Et dans un tel climat, il est difficile, voir impossible de lancer des projets de développement.

    Merci Gilbert pour cette information et courage a tous les jeunes qui revent de la paix.

    Le futur de la Région des Grand Lacs est effectivement entre les mains des jeunes. Il faut se rendre a l’évidence: La jeunesse constitue la majeure population dans la région – plus de 69% ont moins de 25 ans avec l’age moyenne de 19 ans.

    Une politique nationale de développement ou de croissance économique qui ne tiens pas compte de cette réalité est vouée a l’échec.
    Mais la jeunesse ne doit pas croiser les bras. Elle doit se mobiliser sur tous les fronts. Il faut commencer a s’impliquer dans la recherche de la paix, a partir du village ou du quartier. Ne plus permettre aux politiciens de la manipuler. S’impliquer dans entrepreneuriat la ou c’est possible ou tout au moins en collectant toute l’information possible sur des opportunités déjà existantes. (comme BBIN, CECORES,SPARK au Burundi par exemple)
    Savoir que la place au soleil s’arrache pas dans la violence mais par des idées ou des projets inspires par la réalité, la vie de tous les jours. Des idées qui marchent.Il faut y mettre de l’énergie et des efforts.

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