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« Microbes », sécurité et élections

Depuis la fin de la crise postélectorale de 2010-2011, les « microbes », ces jeunes ultraviolents, font régulièrement leur apparition dans les journaux d’Abidjan. À deux mois de l’élection présidentielle ivoirienne, le phénomène des microbes, loin d’être endigué, est devenu autant une source d’inquiétude qu’un enjeu politique. Certains y voient une source potentielle d’une résurgence de la violence lors des élections à venir.

Certains ont à peine 8 ans. Malgré leur jeune âge, ils terrorisent les populations. En Côte d’Ivoire et surtout à Abidjan, le phénomène des « microbes » suscite une profonde inquiétude. Ces jeunes, armés de couteaux et de machettes, agressent et raquettent en bande.

L’assimilation de la violence

Souvent après avoir consommé de la drogue, les microbes n’hésitent pas à employer la violence pour terroriser et voler les habitants des quartiers où ils s’aventurent. Plusieurs faits divers ont aussi montré qu’ils n’hésitent pas non plus à tuer ou violer. Beaucoup de ces jeunes faisaient parti de milices armées lors de la crise postélectorale de 2010-2011.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces microbes ont généralement toujours leurs parents. Ils ont simplement fait le choix de quitter le foyer pour dormir dehors et vivre en bande. Ils sont souvent déscolarisés, sans emplois et issus des quartiers les plus défavorisés d’Abidjan comme celui de l’Avocatier à Abobo. Illétrés et immergés dans un monde où la violence est banalisée, leur réinsertion est difficile.

Enjeu sécuritaire et politique

Estimant que la police n’en fait pas assez, certains habitants exaspérés empoignent eux aussi couteaux et machettes et partent à la chasse aux microbes. Si certaines expéditions se concluent par la remise des microbes aux autorités, d’autres se terminent par l’exécution pure et simple d’un ou plusieurs d’entre eux.

Plusieurs vidéos montrant ce type d’exécutions sommaires circulent sur internet. Ces chasseurs rajoutent au sentiment d’insécurité.

Aujourd’hui, les microbes sont aussi devenus un enjeu politique. Le phénomène n’étant toujours pas contrôlé, il apparaît d’ailleurs comme une source potentielle d’une flambée de violence lors des élections d’octobre.

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