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Carine, 27ans, styliste et actrice

« Quand je vais à l’étranger, je me dis que je représente la RDC. Alors j’essaye de donner une autre image du pays. »

Depuis son enfance, Carine Pala a toujours rêvé d’être une icône de la mode africaine. Pour atteindre son objectif, elle a tout donné. En chemin, d’autres portes se sont ouvertes : celles du théâtre et du cinéma. Considérée aujourd’hui à Kinshasa comme une des jeunes femmes les plus en vue, Carine ambitionne de mettre sa renommée au service des jeunes Congolais afin de les sortir de leur précarité en leur permettant de s’exprimer et de s’épanouir. Dans cette édition de « Rencontres et Profils », Carine Pala parle de sa double vie de créatrice de mode et de comédienne.

Cette édition, enregistrée à Kinshasa, est présentée par Razzack Saïzonou.

Voici quelques extraits de cette édition, retranscrits ci-dessous :

Razzack : Qu’est-ce qui t’as amené vers le stylisme et la création de mode ?

Si je veux être sincère, chez moi c’est inné. J’étais tellement coquette, je voulais être tellement à la mode que je dessinais mes modèles déjà toute petite. J’en concevais aussi pour mes poupées. Je me suis toujours dit que je voulais me lancer un jour dans la haute couture. Très jeune, je me disais qu’un jour je serai une couturière de renommée internationale.

Razzack : Si pour toi la mode c’est inné, ce n’est pas la même chose pour le théâtre. C’est presque par hasard que tu es arrivée à la comédie ?

Un jour, j’ai fait un photo-roman et un réalisateur m’a découvert et m’a dit « je veux que tu sois dans mon film ». C’est pour cette raison que je suis allé voir quelqu’un pour qu’il me forme à la comédie. Pour les photos, c’était la première fois mais j’étais très à l’aise. Le réalisateur lui-même était vraiment étonné. Comme rôle je devais jouer la fille d’un riche ; je devais me marier avec un garçon d’une famille pauvre mais mon père résistait. Je dis toujours que les expressions faciales et corporelles que j’avais présenté dans mon photo-roman sont à l’origine de la décision du réalisateur. Il s’est basé là-dessus lorsqu’il s’est dit que j’étais une bonne actrice.

Razzack : Et tu pensais qu’il avait raison ?

Oui car j’avais déjà reçu leconseil d’un professionnel qui m’avait dit : « quand vous jouez une scène vous devez penser que c’est la dernière fois que vous allez vivre. » Alors depuis, quand je suis dans une scène, je pense à ce conseil. J’imagine que c’est mon dernier jour et je dois donner le meilleur de moi-même pour présenter un travail de qualité.

Razzack : Être une actrice pour toi ça veut dire quoi ?

C’est montrer au public ce que les gens pensent tout bas. Moi je peux le dire tout haut et le présenter devant les autres.

Razzack : Et quelles sont les leçons que ces différents métiers t’ont appris dans la vie ?

J’ai toujours été une fille très impulsive. Que ce soit le stylisme ou la comédie, j’ai toujours eu le contact avec les gens. Après, le théâtre m’a permis d’être beaucoup plus gentille, d’avoir l’écoute facile et d’être beaucoup plus abordable. Ça m’a rapproché des gens car plus jeune j’avais de mauvaises habitudes sociales.

Razzack : Quel type d’enfant étais-tu ?

J’ai toujours été capricieuse. J’étais timide mais très capricieuse. Aujourd’hui je dirais que je ne suis plus capricieuse car j’ai des clientes qui sont plus capricieuses que moi donc je dois me rabaisser un peu pour avoir un contact facile avec elles.

Razzack : Quel est le meilleur souvenir de ton enfance ?

L’harmonie. On a toujours vécu ensemble avec mes parents, mes frères et mes sœurs en harmonie. On a aujourd’hui perdu nos parents et deux de mes sœurs mais nous sommes restés unis. D’ailleurs, ce que nous avons appris grâce à nos parents nous l’avons transmis à nos enfants et ils s’entendent tous très bien.

Razzack : Sur quoi vos parents mettaient-ils l’accent en ce qui concerne votre éducation ?

Ce qui est resté de ce que nos parents nous ont transmis, c’est l’amour du prochain.

Razzack : Comment arrives tu à créer ?

C’est bizarre mais c’est souvent dans mes rêves que je visualise mes modèles. Mais certaines fois, la nature m’inspire aussi.

Razzack : Quel a été le moment le plus heureux de ta vie professionnelle ?

Quand je vais à l’étranger, je me dis que je représente la RDC. Alors j’essaye de donner une autre image du pays. J’essaye de renvoyer l’image d’un pays qui va de l’avant, notamment dans la mode. Côté actrice, les moments les plus heureux sont les moments où je voyage. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir de la famille partout.

Razzack : Des moments de tristesse, d’angoisse ou de déception ; tu en as connu aussi ?

Au début, oui, c’était difficile. Pour présenter mes créations, je courais derrière les journalistes pour qu’ils en parlent. Dans le théâtre, j’ai aussi connu des moments tristes car certains de mes amis avec qui je travaillais sont morts.

Razzack : Carine, tu n’as que 27 ans et tu as déjà eu ce parcours de grande styliste et actrice de théâtre, as-tu déjà l’impression d’avoir réussi ta vie ?

Je dirais que je suis déjà dans le bon même si j’ai pleins d’autres projets.

Razzack : Que dirais-tu aux jeunes qui nous suivent ?

Il faut être honnête et aimer ce que l’on fait. Et je leur dirais aussi de rendre ce qu’ils reçoivent.

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