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«Ceux qui nous dirigent sont ignorants»

« L’idée d’intégrer la politique m’est venue suite à l’injustice sociale que nous vivons. »

Âgé de 27 ans, Christian Bosembe a été piqué par le virus de la politique depuis sa plus tendre enfance. Après des études de droit pour devenir avocat, Christian est aujourd’hui très actif sur la scène politique dans son pays, la République démocratique du Congo. Il y est même candidat au poste de député provincial pour les élections législatives.

Dans cette édition, Christian Bosembe revient sur son engagement, sur ce qu’il compte apporter à la pratique de la politique dans son pays.

Cette interview a été réalisée par Maxime Makabu de Radio Liberté Kinshasa (RALIK), l’un de nos médias partenaires à Kinshasa, en RDC.

Voici quelques extraits de cette édition, retranscrits ci-dessous :

Maxime : D’où vient ta passion pour la politique ?

Christian : L’envie ou l’ambition politique, pour certaines personnes, est innée. Donc certains naissent avec l’idée de servir, parce que la politique, par définition, c’est l’altruisme, c’est l’envie de servir les autres et non d’être servi. On trouve du plaisir en servant les autres ; c’est ça le sens de l’engagement. L’idée d’intégrer la politique m’est venue suite à l’injustice sociale que nous vivons ici, à l’exercice du pouvoir par des amateurs.

Qu’est-ce qui te révolte dans la pratique de la politique en RDC ?

La politique est gérée par des personnes inexpérimentées. Ceux qui méritent regardent et ceux qui ne connaissent pas gèrent le pays. La population a démissionné. L’élite a disparu – ou n’a jamais existé.

Dans quel environnement social as-tu grandi ?

Je suis né à Goma. Mon père était militaire et je n’ai quasiment pas connu ma mère, qui est décédée quand j’avais environ un an. Les injustices, je les ai expérimentées au sein de ma famille, quand mon père s’est remarié avec une autre femme, qui m’a ignoré, ne m’a pas traité comme il faut. C’est dans cet environnement-là que j’ai grandi. Mais en-dehors de l’affection maternelle, j’ai eu tout ce dont un enfant pouvait rêver. En 1996, les rebelles de l’AFDL [Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo] sont entrés sur notre territoire, ont tout fait basculé et nous, on était parmi ceux qui ont tout perdu. Nous avons quitté Goma pour l’Équateur. Le système avait changé. J’ai dû aller dans de moins bonnes écoles.

Pourquoi te présentes-tu aujourd’hui pour le poste de député provincial ?

J’ai un esprit démocratique. Est-ce que la démocratie existe au Congo et en Afrique ? Moi, je réponds « non ». Ceux qui vont voter doivent savoir pourquoi ils vont voter. Ceux qui sont élus, qui sont-ils, quel niveau ont-ils, quelles sont leurs motivations pour faire de la politique ? Il faut réfléchir à l’avenir du pays, à ce que nous allons offrir à ce pays.

Tu estimes que la jeunesse n’est pas responsable en RDC. Es-tu une exception ?

Ce serait prétentieux de dire que je suis l’exception, mais j’estime que nous avons perdu nos repères. Les jeunes congolais n’ont pas assez de repères. Les jeunes ont peur de remplacer les aînés, de leur dire qu’ils se sont trompés, qu’ils ont amené la démagogie, la corruption, la dépravation des mœurs, qu’ils leur ont volé leur avenir.

Quel est ton rêve pour la RDC ?

Je rêve d’un Congo prospère. Je rêve que les prisons ne soient plus des cimetières pour les hommes. Je rêve d’un Congo dynamique, émergent, basé sur ses traditions. Je ne veux plus vivre dans un pays où les lois sont importées sans adaptation à nos réalités.

Quel impact espères-tu que ton engagement ait sur les jeunes congolais ?

Les jeunes ne doivent pas se sous-estimer, ils doivent se poser des questions. Ils doivent se dire que le Congo n’appartient pas qu’à une catégorie de personnes. Il nous appartient tous.

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