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La sécurité au Burundi : résultats

Disponible en ligne durant deux semaines, le sondage sur la sécurité au Burundi révèle le sentiment des 434 répondants sur la situation actuelle. Réalisé conjointement entre Waza, l’hebdomadaire Iwacu et le collectif des blogueurs burundais Yaga, ce questionnaire indique que la majorité des sondés habitant la capitale et ses environs se sentent en totale insécurité. Ceux vivant à l’intérieur du pays se sentent apparemment moins en danger.

Sur les 434 participants au sondage, 84% sont des hommes, 16% sont des femmes et 66% d’entre eux ont moins de 35 ans. Une grande majorité (82%) vit au Burundi, parmi lesquels 77% dans la capitale, Bujumbura.

« Désarmer les milices » est la première solution proposée par 68% des sondés pour rétablir la sécurité. Ces milices, constituées de jeunes affiliés au pouvoir ou d’habitants de quartiers contestataires, terrorisent les populations qui les voient comme responsables des violences. « Une force onusienne est obligatoire pour désarmer les milices armées », a souligné un sondé.

La deuxième proposition sur laquelle convergent une majorité des participants au sondage (67%) est la démission du président Pierre Nkurunziza. Pour rappel, la crise que connaît le Burundi a débuté juste après l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, le 26 avril dernier. Cette candidature est jugée anticonstitutionnelle par ses opposants et entre en contradiction avec les accords de paix d’Arusha.

Le dialogue entre le gouvernement et l’opposition ainsi que la présence d’une force étrangère font aussi partie des quelques propositions pour ramener la sécurité au Burundi. Cependant, 16% des participants suggèrent l’arrêt des contestations contre le troisième mandat : « Ce sont les contestataires qui sèment le désordre », s’est plaint un des sondés.

L’exil

Sur les 434 participants, 63% n’ont pas quitté leur lieu d’habitation. Pour les autres, l’exil a été leur salut. Certains ont choisi d’aller dans une commune plus calme que la leur, tandis que d’autres ont préféré quitter le pays.

Les causes de leur départ sont souvent les mêmes : l’insécurité du quartier où ils habitaient et les menaces par les agents de renseignements et les Imbonerakure, ces jeunes affiliés au parti au pouvoir. « J’ai fui parce que ma commune se trouvait dans l’insécurité totale et mes enfants commençaient à avoir peur, à tel point qu’ils vomissaient automatiquement ce qu’ils mangeaient à cause des coups de feu », raconte une mère en exil.

Un autre sondé explique : « J’ai fui à cause des rumeurs qui donnent un stress sans nom. » Dans certains quartiers, la participation obligatoire aux rondes nocturnes a aussi poussé beaucoup de gens à partir. « J’ai fui parce que les jeunes de mon quartier étaient appelés à aider les contestataires du troisième mandat et obligés de faire des rondes. »

Envie de retourner

S’exiler, c’est parfois tout recommencer à zéro. Un jeune réfugié témoigne : « Je suis malheureux au camp. La vie en exil est un calvaire ! Nous avons dû abandonner nos études et nos parents ne peuvent plus se présenter au travail. » Un autre enchérit : « Je ne peux même pas avoir un emploi. La vie est très chère là où je suis. C’est donc difficile de me nourrir et payer le loyer. Notre avenir est totalement flou, nous ne savons pas où nous allons. »

La décision de rentrer chez soi ou rester ne peut pas être dissociée de l’évolution de la situation sécuritaire. C’est cette dernière qui guidera le choix des exilés.

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