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Tiens bon, Mutama Mbonimpa

Pierre Claver Mbonimpa, victime d’une tentative d’assassinat, a échappé à la mort. Lorsque la blogueuse et militante pour les droits des enfants Gratia Ancilla Ndikumana l’a appris, elle a ressenti de l’angoisse, elle a prié. Elle lui a aussi rendu visite.

« On vient de tirer sur Mbonimpa », c’est le contenu d’un message reçu sur Whatsapp. Je perds la tête. J’ai une sensation indescriptible. Mbonimpa est comme mon père. Nous l’appelons affectueusement « Mutama » (Vieux). Mon cœur arrête de battre un instant pour reprendre ensuite ses palpitations. Petit à petit, je retrouve mes esprits. Il me faut vérifier l’info. Entre-temps, je n’arrête de penser que cela n’est qu’une rumeur, comme tant d’autres que nous consommons à longueur de journée. Déjà la veille, une intox sur sa santé circulait.

J’appelle un premier proche de Mutama. « C’est vrai. Il s’est fait tirer dessus. Il n’est pas mort. Je te rappelle plus tard », me répond celui-ci sans beaucoup de détails, avant de raccrocher. J’ai joint les deux mains, fermé les yeux, et une douce prière s’est improvisée dans mon cœur : « Seigneur, protège-le ; il ne faut pas qu’il nous quitte, pas de cette façon ! »

Ma visite

Le lendemain, à 10h30, une fusillade éclate au centre-ville. Il n’est néanmoins pas question de changer mon programme. Je dois rendre visite à Mbonimpa sur son lit d’hôpital. Je sais déjà de mon entourage qu’il va un peu mieux. 11h32 : je franchis le portail d’entrée de l’hôpital. Je m’attends à croiser une armada de policiers. À ma grande surprise, je n’en croise qu’un seul dans le couloir avant d’en découvrir d’autres dans un coin menant à sa chambre. Je serre les dents. Je fonce.

Mbonimpa est là, vivant. Sur son lit d’hôpital, c’est lui qui remonte le moral de ses visiteurs, pourtant moins souffrants.

Ma rencontre, précieuse, avec Mutama il y a quatre ans me revient à l’esprit. Sa poignée de main chaleureuse, ses opinions sur le phénomène des enfants naissant et grandissant en prison m’avaient conquise. « J’aime les jeunes qui s’impliquent dans l’humanitaire, m’avait-il dit. Ça me donne le courage de garder espoir pour un Burundi meilleur. Engagez-vous dans la défense des droits de l’homme. Nous sommes en train de vieillir et nous avons besoin de bons remplaçants. Ces enfants ont besoin de vous. »

Plus qu’un conseil, un héritage. Ces mots ne cesseront de retentir dans mon esprit.

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