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La rage de vivre malgré tout

Bujumbura n’est plus la même. Les heures de service modifiées, les commerces qui ferment tous avant dix-huit heures, … le mode de vie d’une société urbaine se retrouve complètement modifié. Tout le monde se demande à quand la fin ? Un petit tour dans Bujumbura.

Par Yves Patrick Iradukunda

18 h, les bars sont pleins depuis deux heures environ. Presque toutes les entreprises fonctionnent sous le système de gong unique. Du coup, les fonctionnaires sont libres à partir 15 h. Les weekends, les cérémonies de dot ou de mariages qui commençaient habituellement à cette heure sont pour la plus part terminées. « L’ akanywababu « (le dernier verre entre potes) n’existe presque plus. Aussi, les jeunes ne trouvent plus un endroit pour aller danser et se changer les idées.

En effet presque tous les endroits branchés de Bujumbura sont fermés. La majorité des boîtes de nuit située sur le boulevard de l’UPRONA dit « boulevard du Bonheur » sont actuellement fermées. Seul un club sur les hauteurs de la capitale, « Kiss Club », ouvre encore ses portes et propose ses services.

Fils barbelés encore sur place, militaires qui fouillent les véhicules. On se retrouve là aux environs de la RTNB  (Radio Télévision Nationale du Burundi). On n’a pas oublié que cet endroit fut le théâtre de lourds combats un certain mercredi 13 Mai 2015.

De loin, en prêtant une oreille attentive, on distingue un autre son, différent des sifflements des balles. Un son envoutant, enivrant et qui appelle à la réjouissance. Sans grande conviction, on s’avance. On scrute. On observe attentivement les alentours. On chuchote. Puis… joie! Il y a de la musique ! Certes timide, mais les fêtards, les « ambianceurs » sont là.

On s’embrasse. On se serre dans les bras. On se demande où est-ce que on était passé. « Wahora mu Rwanda ? »(Tu étais exilé au Rwanda ?) , la question qui tue.

Malgré l’environnement, on se laisse aller à la musique. On enchaine pas de danse sur pas de danse, bock sur bock. Il est 22 h et soudain une question ressurgit : quand est ce que les choses reviendront à la normale pour qu’on puisse rentrer le lendemain ? La mort dans l’âme, on se résout à rentrer. On se dit néanmoins que la crise n’aura pas raison sur cette rage de vivre…

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