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Coupables sur les réseaux sociaux

Depuis ce mois-ci au Burundi, une justice par soi-même se déroule sur les réseaux sociaux. Des photos circulent depuis peu, surtout sur Whatsapp et Telegram, dénonçant les personnes qui travailleraient avec les services de renseignement pour traquer les anti-troisième mandat. La blogueuse Dacia Munezero met cette pratique en question.

Des crises ? Le Burundi en a connu plusieurs, mais celle-ci est une première. L’origine : ce mandat de tous les malheurs du président Pierre Nkurunziza. Du coup, deux camps se sont formés, les pros et les antis sont remontés les uns contre les autres.

Ces derniers mois, la justice s’est souvent faite dans les rues. Dans certains quartiers contestataires, il valait mieux ne pas mettre les pieds en tant qu’inconnu. Des téméraires en ont fait les frais en étant battus ou sauvagement exécutés après avoir été associés aux collaborateurs des services de renseignement ou aux Imbonerakure, ces jeunes du CNDD-FDD.

Des suspicions aux accusations

Jour après jour, la méfiance mutuelle s’amplifie. Elle se transforme en accusations gratuites, sans preuve. Tout le monde soupçonne tout le monde. Depuis un mois déjà, des photos d’hommes et de jeunes femmes, connus dans la capitale, circulent sur les réseaux sociaux. Le reproche est souvent le même : ce sont les traîtres, les espions à la chasse de toute personne s’opposant au troisième mandat. Parfois, aucun élément de preuve n’étaye ces accusations.

Les « pauvres » accusés se lancent alors dans une contre-campagne, s’excusant, jurant, criant à qui veut l’entendre qu’ils sont juste victimes d’une diabolisation orchestrée par ceux qui veulent leurs têtes. Parfois, c’est peine perdue, le mal est fait. Leurs noms portent déjà un sceau d’opprobre.

Ma peur est que la pratique devienne une véritable arme de règlement de compte. Peu importe le différend entre les deux parties, l’une pourra accuser l’autre de n’importe quoi et faire tourner son portrait n’importe où.

Mon espoir

Petit à petit, j’espère que les choses reviendront à la normale. Le président s’apprête à briguer un troisième mandat malgré la contestation. Des négociations seraient en cours pour un gouvernement inclusif. Mon espoir est que cette méfiance va se diluer au fil du temps, que cette division va se désintégrer, que tous ceux qui ont été accusés à tort pourront regagner la confiance de leurs amis et retrouver leur place dans la société.

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