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Burundi, l’adolescent

Nous habitons un pays qui boite. Les mains qui se tendent pour nous secourir nous effraient. On n’en veut pas, on les repousse sauvagement. Ainsi va la phase de maturité de notre jeune démocratie.

Par Monia-Bella Inakanyambo

Le pays se retrouve dans une période d’adolescence, secoué par un profond bouleversement hormonal. Ça crie, ça grogne, ça se rebelle. Les transformations physiques, psychologiques, … émotionnelles aussi, tien! Et la capacité d’adaptation du peuple est mise à rude épreuve. Il combat pour faire face à ce « passage obligé » dans la sérénité. On se retrouve enfoncé dans une phase riche en émotions, parsemée d’embûches. Cette période délicate gavée de changements, durant laquelle notre pays espère pouvoir bâtir sa personnalité et son autonomie.

Les changements corporels observés sur ce jeune corps encore mou effraient les adultes qui observent de loin. La présence soudaine d’une effroyable acné dérange le jeune adolescent. Mais que faire ? Il sait qu’il saura s’adapter à ce changement brusque. Oh ! Mais sa voix faiblit plutôt au lieu de se faire plus grave.

Tout va bien… au rythme du pays

Nous nous battons pour survivre dans une jungle urbaine, abritant des asticots. Nous avons droit à tout dans cette jungle : une politique dont la vision est coupée dans la racine, des politiques qui se noient dans leurs propres combats, un peuple qui se retrouve laissé à lui-même et un pays qui saigne de l’intérieur.

Nous dépensons notre énergie dans une course vers une survie pas plus certaine que la situation dans laquelle nous croupissons. Une incertitude totale, des idées aussi sombres que notre espoir, des voix ne portant pas plus loin que celles des nourrissons. Mais il paraît que les choix ne sont pas nombreux non plus ? Du coup, on fait avec. Certains parleront de la vie. Des hauts et des bas. Des bas et des gouffres.

On aurait l’impression de se retrouver au milieu des eaux, sur une île, avec une eau troublée nous entourant. Sûrement qu’il y en aura qui se noieront à tenter de s’en échapper. Mais peut-être que ce sera le prix à payer. La liberté sera cette fleur qui croît sur les terreaux irrigués du sang des martyrs.

Il nous faut des âmes nobles qui, pour cette précieuse liberté vendront leur souffle. « Surtout ceux qui, au final, préserveront cette frêle et fragile fleur, et l’aideront à s’épanouir et à étendre ses racines, » m’a dit un jour un ami.

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