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Diane Nininahazwe, journaliste menacée

Journaliste de 26 ans, comptant dix ans d’expérience, Diane Nininahazwe a d’abord vu sa vie basculer le 13 mai dernier, quand la radio Bonesha FM pour laquelle elle travaillait a été détruite. La semaine dernière, elle a échappé à une attaque à la grenade, lancée dans son domicile. Elle ne sait plus de quoi l’avenir sera fait.

Jeune fille dynamique, encore élève à l’école secondaire, Diane Nininahazwe intègre son futur métier en tant qu’enfant-journaliste. « J’ai toujours été guidée par ma soif d’être informée sur tout ce qui se passe dans le monde », raconte-t-elle, passionnée. Au fil des années, ses motivations changent. Elle parvient à faire valoir son talent, des portes lui sont ouvertes, jusqu’à ce qu’elle devienne la présentatrice phare du journal parlé de la Radio Bonesha FM.

Diane est l’une des voix préférées des auditeurs jusqu’à cette date fatidique du 13 mai 2015, jour du coup d’État militaire raté. Les médias sont les premières victimes. Bonesha FM, radio pour laquelle elle travaillait, est détruite. Tout s’arrête pour la journaliste vedette. Elle commence même à recevoir des menaces. « C’est la première fois dans ma carrière que je vis des moments difficiles comme ceux-ci. Je sens un danger réel directement contre nous, les journalistes », confie-t-elle.

Également animatrice, Diane ne perd rien de sa passion pour raconter de belles histoires. Mais elle se désole de ces derniers mois, jalonnés de nouvelles dramatiques, de personnes tuées, de gens qui fuient, de maisons brûlées…

L’avenir du métier

Cet avenir est incertain. « Même si les radios privées rouvraient, avec le même climat d’insécurité, les attaques recommenceraient », craint la journaliste. Avant de préciser : « J’aime mon travail, mais aussi longtemps qu’on n’aura pas compris que celui qui a une opinion différente n’est pas à abattre, je ne vois vraiment pas où nous allons. »

Ces circonstances ne l’empêchent pas de rêver, de garder espoir pour le Burundi, de croire encore en la jeunesse. « Pour moi, le Burundi est toujours ce pays où les gens s’aiment, conscients que c’est leur patrie, avance-t-elle. Un pays avec de vrais leaders, dotés de solutions pour la jeunesse. »

Elle conclut, reconnaissant le statu quo : « C’est vraiment dommage que tous ces politiques ne peuvent pas nous dire ce qu’ils apporteraient à leur pays s’ils accédaient aux commandes. Ce qui les intéresse, c’est le pouvoir. »

Diane Nininahazwe est un cas parmi tant d’autres. Au Burundi, de nombreux journalistes ont récemment vu leur carrière partir en fumée. Des radios détruites, des professionnels des médias menacés, une liberté d’expression bafouée… Si rien n’est fait, le fossé déjà profond risque de se creuser davantage.

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