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L’humour sans limites

« Lors d’un festival de théâtre, j’ai pris un risque : je me suis déguisé en femme et j’ai imité la Première dame ! »

D’apparence très calme et d’un physique à la fois élancé et frêle, Martial Prince Irutingabo semble pourtant né pour faire rire.

Trois ans seulement après le début de sa carrière d’humoriste, il se produit aujourd’hui en one man show sur toutes les scènes de Bujumbura. Sa particularité : tourner en dérision les tabous qui persistent dans la société burundaise.

Comédien, humoriste, parolier, Martial Prince nous parle de ses ambitions et de son amour pour les métiers de la scène.

Cette édition de Rencontres et Profils est présentée par Razzack Saïzonou.

Voici quelques extraits de cette édition, retranscrits ci-dessous :

Martial Prince : Je fais partie de la génération qui a grandi en regardant Gad Elmaleh, Jamel Debouzze. J’aimais beaucoup l’humour. J’aimais beaucoup le fait d’être comédien, de faire rire.

Razzack : Qu’est-ce qui te plaisait tant dans ce métier ?

J’étais une personne très introvertie, je ne parlais pas beaucoup. J’observais plutôt. Je trouvais qu’il y avait beaucoup de choses à raconter dans les choses qui se passent ici et là.

N’est-ce pas un paradoxe, quelqu’un d’introverti qui devient humoriste ?

Les gens étaient surpris quand ils ont appris que j’allais me produire sur scène. Ils étaient curieux de savoir ce que ça allait donner. Ils étaient surpris que ça marchait !

En quoi la liberté est importante pour un humoriste ?

La liberté, c’est très important pour un artiste. Aujourd’hui, j’excelle dans l’humour. Mais avant, quand j’allais passer des auditions, par exemple pour des films ou des pièces de théâtre, des gens se disaient que je n’étais pas vraiment fait pour la scène parce que j’étais timide, je ne savais pas coordonner mes mouvements… Moi, je ressentais en moi que je pouvais exprimer quelque chose. Quand j’ai découvert cette liberté du stand up, ça m’a changé. Aujourd’hui, je danse sur scène, je chante, je me moque de différentes choses. Je dis ce que je veux.

Qu’est-ce que l’humour t’a apporté ?

Cela m’a appris à m’ouvrir aux autres et aussi à être la voix des autres. Je peux parler, défendre des causes importantes à travers l’humour. Ça m’a aussi apporté de la popularité. Quand je vais quelque part, je suis reconnu. Ça fait plaisir. J’ai aussi pu voyager grâce à cela, dans le pays mais aussi à l’extérieur. Je peux en vivre décemment.

Dans ta vie privée, es-tu toujours ce « gars qui fait rire » ?

Oui, ce n’est pas toujours facile. Quand je suis à une fête, on me reconnaît et tout le monde se tait et attend que je sorte une blague. Ça fout un peu la trouille ! J’essaie de m’habituer. Mais ce n’est pas toujours facile. Parfois, tu as envie d’être toi-même, de parler d’autre chose, de choses sérieuses, pas nécessairement de faire rire tout le temps.

Quel impact souhaiterais-tu que l’humour ait sur les jeunes ?

J’aimerais inspirer les jeunes, les interpeler afin qu’ils se créent des opportunités. Parmi les jeunes, il y en a qui ont des talents endormis, mais qui attendent probablement une compétition pour les lancer. Or tu peux te lancer en étant chez toi, en te filmant et en postant par exemple la vidéo sur YouTube. Il n’y a pas de contraintes.

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