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Burundi : après les jeunes

Quel est l’avenir de la génération venant après les jeunes qui se battent aujourd’hui dans les rues de Bujumbura ? D’après la blogueuse Ines Ininahazwe, ce futur est sombre et violent.

Depuis que le Burundi a été proclamé République, les crises sont quotidiennes. Cela fait presque un demi-siècle. Le virus s’est transmis de génération en génération. Nos grands-parents ont vécu des massacres horribles. Leurs fils aussi, en tant qu’acteurs, parfois victimes. Ceux qui n’en sont pas morts en sont sortis handicapés ou se sont exilés.

Les rébellions ont ensuite vu le jour. Les ravages qu’elles ont causés sont loin de disparaître de la mémoire des Burundais.

Et enfin vient la génération après les accords d’Arusha de 2000. Celle qui pensait ne jamais connaître les crépitements de kalachnikovs. Déception.

Et ces innocents ?

Tous les jours, je pense à ces jeunes, ces laissés-pour-compte, mes congénères désarmés et déçus, qui assistent au dérapage de leurs aînés. Ils fuient, parfois sans nouvelle de leurs parents qui ont aussi pris le large. J’ai bien peur que ce soient ces mêmes enfants qui, quand ils grandiront, penseront que leurs droits seront acquis par la force… Tout ça parce que ceux qui étaient censés les protéger les ont soumis à l’exil, la faim et la misère. Ils n’ont jamais été leurs pères, jamais leurs repères.

Un jour, nos parents et grands-parents ne seront plus de ce monde. À leur suite restera une jeunesse qui a besoin d’un toit, d’une famille, d’une éducation, d’un emploi, mais à qui on lègue la déshumanisation et la violence en réponse à la violence. Quel héritage !

À leur tour, ils donneront à leurs descendants ce qu’ils ont reçu. Sûrement pas le lait et le miel.

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