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Laissez-nous tranquille!

Le blogueur burundais Ezéchiel Ndayizeye se considère comme un citoyen neutre : ni d’un camp, ni d’un autre. Aujourd’hui, il prend du recul, remonte dans le temps, tente d’analyser les points de vue divergents. Mais qui a raison ? Il a beau chercher, il n’a pas la réponse.

Cela fait quelques mois que je suis de près l’évolution du conflit burundais entre « pouvoir en place » et « opposition ». Une situation à la fois ambigüe et ridicule… Excusez-moi des termes osés. Celui qui n’a pas encore vu le mouvement des manifestants dans la rue et la riposte des forces de l’ordre ne peut me croire.

Un sujet est au centre : le troisième mandat de son Excellence le président Pierre Nkurunziza. Parler de troisième mandat, c’est en quelque sorte chercher à se faire tirer dessus par ceux qui, au contraire, voient les choses autrement, qui préfèrent utiliser « renouvellement du premier mandat inauguré par les élections au suffrage universel direct ». Ne pas parler de troisième mandat est aussi une autre façon de jeter du pili-pili dans les yeux de ceux qui ne rêvent pas de voir le président s’éterniser au pouvoir.

Et la constitution dans tout ça ?

Cette confrontation est difficile à supporter.

L’opposition accuse Pierre Nkurunziza de piétiner la constitution et l’accord d’Arusha pour ses intérêts personnels. Peut-être. Qui sait ? Quant au pouvoir en place, il affirme être dans la légalité de la loi burundaise et nie toute tentative de briguer un mandat que condamnerait la constitution… Donc, il respecte la constitution, affirme-t-il.

Cette confrontation est une réalité incontestable, difficile à supporter, dans laquelle patauge actuellement notre chère patrie. En jeune citoyen burundais, je me suis mis à chercher le problème. Qui a tort, qui a raison ? Que disent la constitution et l’accord d’Arusha ?

D’abord, l’accord d’Arusha

Qui sont les signataires ? À ma grande surprise, le parti CNDD-FDD n’en est pas. Souvenez-vous de la vague G10 et G7 avec Uprona et Frodebu comme meneurs, qui a abouti au fameux accord et au partage du pouvoir jusqu’aux élections de 2005. Découverte intéressante. Mais là encore, une question : est-ce la raison pour laquelle le pouvoir en place reste de marbre ? Peut-être se disent-ils que de toute façon, ils n’ont pas signé cet accord, donc qu’ils ne doivent pas respecter ce qu’ils n’ont pas signé… Je soulève cette problématique, parce que l’accord d’Arusha, dans son article 7 paragraphe 3, est clair: « Il est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels. »

Pourquoi le président aurait-il alors accepté de prêter serment en jurant de respecter une constitution dont les premiers mots sont : « Vu l’accord d’Arusha » ? Le problème se trouve ailleurs, peut-être.

Jusqu’où vont-ils continuer le bras de fer ?

Explorons l’article 96 de la constitution : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. » En principe, on voit clairement que si un président est élu au suffrage universel direct, il a droit de renouveler son premier mandat une seule fois. Mais si on continue à creuser, une autre réalité se profile. L’article 302 affirme : « À titre exceptionnel, le premier président de la République de la période post-transition est élu par l’assemblée nationale et le sénat élus réunis en congrès, à la majorité des deux-tiers des membres. »

Deux points de vue

Quel est donc le mandat renouvelable ? Ceux qui ont présenté le président actuel disent qu’ils l’aident à renouveler son premier mandat obtenu au suffrage universel direct. Donc le « vrai », selon eux. D’autres disent qu’un mandat est un mandat et qu’il doit dégager.

Je me demande ce qui va se passer entre ces deux parties. Jusqu’où vont-ils continuer le bras de fer ? Peut-être que seule la volonté du peuple tranchera, c’est-à-dire le résultat des urnes…

En ce moment, je me demande surtout quel est le respect accordé à toutes ces personnes qui ne sont adeptes d’aucun parti politique. J’en fais partie. Et je peux affirmer que nous voulons être en sécurité, vaquer à nos activités pour contribuer au rayonnement de ce pays.

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