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France, ne trahis pas les Burundais

L’une des meilleures démocraties au monde – en tout cas, telle qu’elle se définit – défendrait-elle un personnage qui tente de s’établir ad vitam æternam au pouvoir ? C’est un cauchemar. Je préfèrerais avoir tort. Malheureusement, le doute est bel et bien réel et ancré dans mon esprit.

Je n’avais pas prévu cela. Une France molle, timide, silencieuse. Une France surtout active en coulisse, prétendront les diplomates. Depuis quand l’Hexagone se tient-il en retrait des conflits présents sur le continent noir ? Les exemples de ses interventions aux quatre coins de l’Afrique sont légion. L’opération « Épervier » au Tchad, « Artémis » en RDC, « Licorne » en Côte d’Ivoire, « Harmattan » en Lybie, « Serval » au Mali, « Sangaris » en Centrafrique, et puis récemment au Burkina… Partout, la France veut se positionner en « constructeur de la paix ». Mais pour le Burundi, recul.

Depuis quand les Français jouent-ils cette carte-là ? Ce tweet me rappelle une déclaration émise par une personnalité proche de chez nous, de l’autre côté de la Rusizi.

Ce rôle de la RDC, on le comprend. Kabila est sans doute semblable à Nkurunziza. Nous verrons en 2016. Mais la France ?

Une stratégie ambigüe

Le 13 mai dernier, alors que certains Burundais tentent de changer l’histoire avec un coup d’État ou un coup de théâtre – difficile à l’heure actuelle de savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là –, François Hollande décide d’affirmer la position de la France. Quoique, « affirmer » n’est peut-être pas le mot juste… « J’appelle toutes les forces en présence à la fin des violences et à la reprise rapide du processus électoral, en proie à une tentative de coup d’État », a-t-il déclaré prudemment. Défendait-il la démocratie ou un homme ?

L’histoire en dit long. Soutenu discrètement par la France, plus d’un chef d’État africain s’est ancré à la tête de son pays. Le Rwandais Juvénal Habyarimana, le Zaïrois Mobutu, le Malgache Didier Ratsiraka, le Togolais Gnassingbé Eyadéma, le Camerounais Paul Biya, le Gabonais Ali Bongo. certains plus despotiques que d’autres suffisent pour préparer les esprits Burundais en cas de mauvaise surprise.

J’aimerais me tromper. D’ailleurs, un récent tweet a suscité en moi un bref espoir.

Un espoir bref, donc, la France réagissant bien tard. Bien plus tard que la plupart des États partenaires, déjà officiellement opposés au troisième mandat de Pierre Nkurunziza.

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