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À bas les clichés

Jeune, tenace et militante, Douce Heri veut briser les stéréotypes existant entre les populations de la région des Grands Lacs. Elle a rassemblé des jeunes du Burundi, du Rwanda et de la République démocratique du Congo pour discuter des sujets qui éloignent les uns des autres.

Sous ses apparences timides, Douce Heri, étudiante de Goma, se dévoue à l’équité et à la paix. Que ce soit dans les médias locaux à Goma ou dans les couloirs de l’Université libre des pays des Grands lacs où elle préside le bureau des étudiants, cette entrepreneuse en herbe suscite l’admiration pour avoir rassemblé des jeunes de la région dans une conférence sur la paix.

Douce Heri

Ce projet ambitieux, Douce l’a initié en s’inspirant de ses expériences personnelles. « Je suis révoltée d’avoir assisté dès l’enfance à l’injustice et, surtout, à des guerres récurrentes et à toutes les conséquences qui vont avec », s’insurge-t-elle.

Née à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, Douce connaît les affres de la guerre. À sept ans déjà, elle pouvait différencier les détonations d’obus des crépitements de balles. C’est précisément à cette époque que l’armée loyaliste tentait de résister aux troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).

Fuyant la ville avec sa famille, Douce se souvient : « J’ai vu des enfants non accompagnés, des cadavres, des blessés… J’ai vu des gens discriminés parce qu’ils appartenaient à telle ou telle ethnie. J’ai vu des familles réfugiées en fonction de leur appartenance tribale dans des églises qu’ils avaient transformées en lieu de fuite. »

Rassembler les jeunes pour la paix

L’étudiante de 25 ans a désormais concrétisé la première étape de son projet : en octobre dernier, elle a financé en grande partie et organisé une conférence de trois jours à Butare, au Rwanda. « L’objectif principal était de briser les barrières entre les peuples de la région, précise-t-elle. Les jeunes rwandais, burundais et congolais se regardent en chiens de faïence. Alors je me suis inspirée de Nelson Mandela qui disait qu’il faut faire de ses ennemis ses amis. »

Près de 70 jeunes venus des trois pays de la région ont participé à cet échange. Convaincre ceux-ci de venir n’avait pourtant pas été une mince affaire. « Les Congolais craignaient d’être empoisonnés par les Rwandais, déclare-t-elle aujourd’hui en rigolant. Plusieurs Rwandais avaient aussi peur d’être malmenés par les extrémistes congolais. Finalement, nous avons banni ces préjugés. Aujourd’hui, certains jeunes rwandais fréquentent des universités de Goma. »

Douce Heri s’attaque maintenant à la seconde étape de son projet : elle prépare une rencontre entre les jeunes de Goma et ceux du territoire du Nord-Kivu. Elle veut, par cette activité, « remonter le moral » des habitants de cette région, longtemps secouée par les conflits armés.

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