article comment count is: 0

Manifestation au Burundi ou la loi de « cause à effet »

Dans ce billet de Nibaruta où elle fustige la répression policière, un conseil vient doser son constat amer qu’elle fait de la situation politique actuelle du Burundi. Pour elle, ce sont les jeunes qui doivent prendre en main l’avenir du pays et ne pas compter sur une communauté internationale appelée à intervenir partout.

Par Hélène Nibaruta

Ramener ou tenter d’exploiter les différences ethniques au Burundi pour justifier cette crise est une peine perdue d’avance. Les Burundais ont compris. Ils ont vu défilé une multitude de dirigeants qui ont exploité « cette richesse nationale » à mauvais escient. Ce genre de dirigeants, les Burundais en ont eu et aujourd’hui ils savent ce que cela donne. Au lieu de cacher les vrais problèmes sous la couverture ethnique, chers politiques, analysez le vrai problème qui révolte le peuple aujourd’hui.

Quand j’écoute les critiques sur les méthodes dont fait usage les manifestants, je ne peux les comparer aux méthodes qu’emploient la police et les agents du Service National de Renseignement. Elles font figure de bisounours. 600 jeunes sont torturés aujourd’hui, plusieurs autres blessés par balle. Au lieu de laisser les gens manifester pacifiquement en les protégeant comme lors des manifestations des membres du CNDD-FDD, ils sont brutalisés. Quelle injustice ?

Quelque chose dépasse un peu mon entendement. J’entends dire que la Force de Défense Nationale protège les manifestants mais la plupart des manifestants ont été tués sous leurs yeux.  Ne peut-elle pas faire plus qu’assister ? Ce sont des crimes contre humanité qui sont en train d’être commis par cette police. Beaucoup critiquent les jeunes qui manifestent mais j’en suis venu à un constant : quand on gouverne mal, les jeunes sont les premières victimes. Il faut donc s’attendre qu’ils deviennent artisans du changement.

Dans la rébellion, ce sont des jeunes qui ont combattu et beaucoup y ont payé de leur vie se battant pour cause noble, la démocratie. Mais aujourd’hui ça ne semble pas être le cas. Des jeunes armés à la solde de quelques personnes pour semer la terreur au sein de la population qui essaie de panser ses plaies.

Conseil d’une jeune à la jeunesse.

Vous constituez une force que tous sollicitent. Faites un bon choix. Vous êtes les artisans du changement et l’avenir est entre nos mains. C’est vrai que les temps sont durs. La pauvreté bat son plein. Mais devrons-nous vendre notre dignité à ce point ? Mes chers amis, le pays nous appartient tous. Une chance s’offre à nous pour que nous nous libérions de cette situation. Quel peuple accepterait-il de vivre éternellement dans la pauvreté ? Que manquons-nous ? Le leadership. Abattons la pratique du  « diviser pour mieux régner »

La communauté internationale est dépassée par les nombreux problèmes du monde. Elle est appelée de partout. Les pays qui la composent vont prioritairement où leurs intérêts sont en danger. Ils peuvent avoir un agenda caché aussi mais nous ne le souhaitons pas. Rappelons-nous du récent cas tunisien avec la proposition de la France à l’endroit de Président Ben Ali. Prions pour qu’elle entende la voix de l’opprimé. Nous ne voulons pas d’armes, juste un peu d’attention. Nous ne voulons pas détruire ce que nous avions reconstruit.

Partagez-nous votre opinion

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.