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Burundi : personne ne peut rester indifférent

Nous entamons la deuxième semaine de protestation contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza. La blogueuse Monia-Bella Inakanyambo ne participe pas directement aux manifestations, mais elle réfléchit à une action efficace. Quoi qu’il en soit, elle n’est pas indifférente. D’ailleurs, selon elle, personne ne devrait l’être.

Aller dans les rues pour crier son désarroi, son dépassement contre l’excès, le surplus, la surabondance et le luxe insolent que veut s’offrir le président Pierre Nkurunziza sur un plateau d’or. Ou rester préoccupé mais calme dans le cocon familial, car ne sachant pas quoi faire. Des milliers de jeunes sont partagés entre ces deux envies tourbillonnantes. Les premiers se heurtent à la colère du policier ayant reçu l’ordre d’ « éliminer l’obstacle » lors des manifestations, parfois et surtout malgré lui. Les seconds ne quittent plus leur radio, cherchant les fréquences qui fonctionnent encore. Pour combien de temps ? Je ne saurais le dire.

Whatsapp bloqué, Facebook inaccessible pour certains, l’info devient de plus en plus une perle rare au Burundi. Comment savoir où en sont les choses si les voies de communication, qui servaient de « calmant » ou nous arrachaient le peu de paix qui nous restait, ne sont plus fonctionnelles ?

Le doute, la peur, l’ignorance et le comportement du président, qui se berce dans son silence royal, empirent la situation. Pierre Nkurunziza n’a pas ménagé ses efforts pour pousser les citoyens à rester sur leurs gardes. Alors que chacun se demande dans son coin ce que Son Excellence compte faire pour soulager et rasséréner les consciences, son seul objectif à lui est le 3e mandat.

Les manifs désorganisées

Ceux qui descendent dans la rue ne peuvent pas faire un bilan de leurs cris et de leur énergie dépensés. Ils savent simplement qu’ils sont dans un mouvement contre le 3e mandat du président. Ils suivent le mouvement de masse et font des choses qu’ils maîtrisent mal. Ceux qui restent chez eux se torturent à se demander comment agir, que faire et quand le faire, conscience oblige. Ils ne veulent pas non plus rester les bras croisés, les yeux fermés, bouche bée face à ce qui incline, courbe et fléchit leur pays.

Moi, avec pour seule arme ma plume, j’écris en pleurant la beauté et la paix de mon pays. Je me demande, m’interroge. I’m lost (littéralement : Je suis perdue). Je n’ai aucune réponse. Mon âme est attristée, mon cœur, endeuillé.

Je voudrais manifester, revendiquer mes droits, crier sur tous les toits et à qui veut l’entendre que je ne veux pas d’un président qui foule aux pieds la Constitution. Mais je voudrais aussi que d’autres jeunes se joignent à moi, afin d’unir nos forces, sans peur, courageusement et pacifiquement, dans la sagesse et l’intelligence, pour un travail d’honneur. Pour qu’ensemble, grâce à la sueur de chacun, le Burundi garde son nom de « pays de lait et de miel ». Après tout, n’est-il pas notre patrie à tous ? Personne n’a le droit de miser sur l’indifférence.

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