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Quel rôle pour les jeunes burundais?

Depuis près d’une semaine, le Burundi plonge dans une crise qui s’enlise de jour en jour. Le dialogue entre pouvoir et opposition semble désormais tout à fait impossible. Preuve en est de ce qui se passe dans les rues de Bujumbura. Dans tout cela, où doivent se positionner les jeunes ?

À l’heure qu’il est, il est facile de segmenter la jeunesse en deux groupes au Burundi : les Imbonerakure, ces fidèles du parti présidentiel, d’un côté, le reste des jeunes, de l’autre. Néanmoins, opérer cette division serait jouer un jeu dangereux, celui qui est en train de se profiler à tous les niveaux au sein de la politique burundaise.

L’organisation non gouvernementale International Crisis Group (ICG) a rapporté il y a peu son analyse sur la situation au Burundi. Nous avons demandé à Thierry Vircoulon, son directeur pour l’Afrique centrale, de se focaliser sur la jeunesse, sur leur avenir.

Les responsables des violences

Depuis le début des protestations et, en fait, même bien avant, les Imbonerakure sont pointés du doigt au Burundi. Ils seraient armés par le pouvoir. Ils seraient entraînés en RDC voisine. Ils terroriseraient la population, responsable de la fuite de nombreux Burundais, notamment au Rwanda.

Thierry Vircoulon tempère : « Les Imbonerakure ne sont pas un problème en eux-mêmes. Le problème, ce sont les gens qui les dirigent. » D’après lui, les mouvements de jeunes dans leur ensemble, pas seulement la Ligue des jeunes du CNDD-FDD, mais tous les jeunes affiliés à un parti politique, sont susceptibles d’être utilisés, manipulables à souhait pour « créer des violences et intimider les adversaires ».

Qui dirige les Imbonerakure et comment ces gens les dirigent ? Voilà le véritable souci actuel. « Dans un certain nombre de cercles diplomatiques, on a très clairement dit que les dirigeants de ces mouvements seraient tenus responsables de ce qui pourrait se passer », avertit le spécialiste.

Mieux vaut « faire jaillir le débat d’idées »

Aujourd’hui au Burundi, la candidature du président Pierre Nkurunziza est sur toutes les lèvres. On ne parle plus que de ce sujet. « Il y a une présidentialisation du processus électoral », analyse Thierry Vircoulon.

Pierre Nkurunziza présente-t-il un programme ? Et les candidats de l’opposition, quelles sont les idéologies qu’ils défendront si l’un d’eux est élu ? Enfin, quelles sont les stratégies de chacun pour développer le Burundi, pour consolider la paix ? « Une élection démocratique, c’est d’abord un débat d’idées entre différents partis qui ont différents programmes », rappelle l’expert de l’ICG.

Puisque les élections auront certainement lieu quoi qu’il en soit, Thierry Vircoulon enjoint la jeunesse burundaise à prendre les devants et à essayer de « faire jaillir ce débat d’idées ».

Cliquez ici pour accéder à une interview écrite de Thierry Vircoulon portant sur la situation actuelle du Burundi et réalisée cette semaine par RFI. La radio France Culture s’est également adressée au directeur de l’ICG directeur pour l’Afrique centrale pour analyser ce sujet ; pour réécouter l’interview, c’est par ici.

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