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L’opposition dans la rue contre le 3ème mandat de Nkurunziza

Le vendredi 17 avril, les partis d’opposition avaient appelé leurs militants à manifester contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza. Une très longue journée pour la police et les manifestants.

Par Armel Gilbert Bukeyeneza

L’opposition avait juré : manifester contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza. Chose promise, chose due. Vendredi 17 avril à Bujumbura. Tôt dans la matinée, les rumeurs courent à l’allure du vent que quelque chose va se passer. Mais quoi ? On ne sait pas encore. Il faudra l’édition de l’une des radios locales pour apprendre que l’opposition vient d’appeler ses partisans d’envahir les rues de la capitale pour manifester.

Tout est parti. Une police aux aguets. Une population déterminée à montrer sa colère, mais un peu timide. Tous les carrefours de la ville sous haute protection des canons de la police. Tout mouvement vers le centre-ville est contrôlé. Motos et vélos sont les premiers dans le collimateur des hommes en bleu. Peine perdue. La manifestation est déjà lancée vers 8heures 30, 6heures 30 TU au centre-ville. Mais la police ne se laisse pas faire et tente de tuer le mouvement dans l’œuf. Un regard suspect, une tenue indécente, suffisent pour être arrêté et ensuite jeté dans le Pick-up, voiture policière. La circulation est paralysée. Tous les magasins ferment. Le chaos s’installe.

Des jeunes qui en ont marre

Yaga, manifestation à Bujumbura

Toutes les voies du centre-ville sont noires de monde. La police sent le danger venir. Elle donne l’ordre de se disperser. «Je donne deux minutes pour que toute personne qui n’a pas de travail ici vide les lieux », alertent les haut-parleurs bien suspendus sur le camion qui finira par user de la force en dispersant la foule en lançant l’eau. Le théâtre d’affrontement commence. Les manifestants ripostent. Des huées, des chants, des mots durs envers le régime, et enfin des jets de pierres. Un policier est atteint sur le visage. Et voilà le feu. Des coups de gaz lacrymogène prennent la relève. Le centre-ville se transforme en champ de bataille.

Et les politiques s’invitent

Venu de nulle part, les leaders de l’opposition font irruption. Léonce Ngendakumana président de la coalition ADC (Alliance des Démocrates pour le Changement) Ikibiri, Chauvineau Mugwengezo de l’UPD (Union pour la Paix et la Démocratie) Zigamibanga et Jean Minani qui est à la tête du Frodebu Nyakuri marchent au rythme des applaudissements qui pleuvent de partout. La police fait barrage et repousse le mouvement. Chauvineau Mugwengezo n’attendra pas longtemps. Quelques minutes plus tard, en képi Malboro tout noir, le président de l’UPD revient tout seul. Les journalistes saisissent la balle au bond. Micros allumés, appareils photos en mode on, camera in « rec », répond à toutes les questions et lève les équivoques : « nous sommes là pour manifester contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Un mandat contre les Accords d’Arusha acquis au prix du sang des Burundais. Un mandat contre la Constitution du Burundi ». Prêt à faire un tour de tous les grands axes, la police s’en mêle. Une barricade est érigée. Chauvineau ne peut ni avancer ni reculer. Une heure d’immobilisation. Il attendra l’arrivée du Directeur-Général de la police pour décanter de la situation.

Le président de l‘UPD pourra rentrer laissant ainsi la police et les manifestants dans un jeu de cache-cache qui prendra presque toute la journée.

Ce billet a d’abord été publié ici

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