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La fameuse opération «Mvako!»

Baptisée « Mvako ! » (« Va te faire voir ! »), la marche-manifestation du 11 avril du CNDD-FDD a capté l’attention du blogueur Alain Amrah Horutanga. Il partage ses peurs, ses angoisses de la veille, ainsi que ses surprises du jour.

Comment décrire cette manif’ ? Commençons par la veille… Sur les réseaux sociaux circulait une photo assez terrifiante: des Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir) qui, bien rangés, entraient de nuit dans la capitale. Facilement identifiables, habillés aux couleurs du CNDD-FDD. Tout le monde à Bujumbura se demandait ce qui allait se passer le lendemain.

Tôt le matin, l’atmosphère était grincheuse. La météo de la rumeur annonçait un bain de sang. Sur les visages, dans les poignées de main, dans la voix des passants se révélait un sentiment unique : la peur. Cette intuition n’a pas duré, car le déluge annoncé n’a finalement pas eu lieu, Dieu merci.

Le Jour J

C’est au sud de Bujumbura que mes yeux ont commencé à apercevoir des drapelets à l’effigie du CNDD-FDD. Une file inhabituelle de voitures avançaient moins rapidement que les piétons. Des personnes curieuses, amassées sur les abords du boulevard Mwezi Gisabo, m’intriguaient. À quoi pensaient-elles ? Cherchaient-elles, parmi les manifestants, les plumes fragiles ? J’aurais souhaité être dans la tête de chaque badaud à ce moment-là. Bloqué par la foule, j’ai pris un autre chemin – long, mais qui m’a amené rapidement en ville.

Dans le centre, des magasins avaient ouvert timidement, mais beaucoup étaient fermés. On était samedi ; il n’y avait donc pas lieu d’être alarmiste. Soudain, le calme a peu à peu été brisé par une marée humaine qui convergeait vers le lieu de rassemblement. Les fidèles étaient tous en liesse, scandant et chantant à la gloire de leur champion, Nkurunziza. Ils lançaient parfois des piques aux curieux : «Comptez le nombre. Nous ne sommes venus qu’à deux par colline. Les enfants et les femmes sont restés ! »

La controverse…

J’avais un peu peur de filmer les scènes mais tout compte fait, ils sont « quand-même cool », ces Imbonerakure… Ils m’ont laissé prendre des images et m’ont demandé de transmettre un message à la Radio Publique Africaine (RPA): « Que la RPA cesse de tromper le monde. »

Pour les #Bimatwi (#NeLesÉcoutezPas : hashtag des partisans du troisième mandat, majoritairement du CNDD-FDD), le message est en tout cas passé : ils sont unis et ils n’ont qu’un seul candidat. « Celui-là même », scandait un manifestant.

Une semaine après la fête de Pâques, l’aigle s’est peut-être refait une santé en cicatrisant ses plaies.

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