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Ne pas voter : de l’inconscience pure et simple

Aujourd’hui, elle peut enfin voter. Elle, c’est Monia-Bella Inakanyambo. Choisir ses dirigeants, c’est d’après elle plus qu’un droit. Pourtant, la tentation de s’abstenir persiste.

Je suis jeune. Burundaise. J’ai enfin l’âge requis pour voter. Ouf ! Un droit ? Non, c’est bien plus que ça ! C’est un devoir. Mais le temps où les choses semblaient faciles, aisées, souples et commodes est apparemment révolu. Les choses ont changé.

Des milliers d’histoires à dormir debout se forgent sur la scène politique depuis peu – ou peut-être depuis toujours, pardonnez ma naïveté ! Un nez généreusement plat ou excessivement pointu, il s’agit d’un critère utilisé à tort ou à raison pour identifier respectivement qu’untel est Hutu ou Tutsi. Qu’untel doit plutôt intégrer tel ou tel parti, qu’on lui prédestine tel ou tel avenir.

Aujourd’hui, ma génération a bien compris. Ma génération, elle a bien capté que la politique n’avait rien à voir avec l’appartenance ethnique.

Hegel a dit un jour : « Le peuple a les dirigeants qu’il mérite. » Qui peut dire le contraire ? Mais savoir ne suffit pas quand on se sent incapable d’agir. Élire, d’accord. Mais qui ? Ou quoi ? Ces chers politiciens ont des langues mielleuses, des langages sucrés. Mais ils manquent de concret, peut-être même de cohérence. Alors se rendre aux urnes pour mettre en jeu sa voix et remettre en question l’avenir du pays, non merci !

Avons-nous le choix ?

Devant un devoir civique d’une aussi grande importance, le doute est de mise. Mais ne pas élire serait de l’inconscience pure et simple. Les choses changeront peut-être. Si ce n’est pas le cas, on aura au moins eu le mérite d’essayer.

Une amie m’a confié, avec un regard profond mais triste : « J’irai voter, je ne sais pas trop pour qui. Je les perçois tous de la même façon… Je prie juste pour que cette période électorale passe et qu’elle ne soit qu’un souvenir. Ça devient une hantise. » J’ai compris sa peur. En fait, nous partageons tous le même sentiment – moi, elle, les jeunes, les Burundais.

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