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Voter, oui. Mais quoi?

Hugues Nkengurutse est journaliste pour la télévision. Il reçoit des personnalités politiques presque tous les jours. Son constat : aucun d’entre eux n’a de programme politique pour son parti. Pire, constate-t-il, est la diversion généralisée au sein de la société civile, des médias… Personne ne leur pose de questions de fond. Voici le coup de gueule du journaliste.

À deux mois des élections, la mobilisation est là. Réunions clandestines ou légales pullulent un peu partout. Débats, conférences de presse – autorisées ou empêchées – alimentent les rédactions. Malgré cette surcommunication et surpolitisation, je ne vois rien venir. Rien. Personne ne parle de mon avenir. En bon citoyen, je me suis mis à la recherche de documents qui détaillent la vision, les programmes politiques. Regards fuyants, sourires gênés, les politiques me regardent comme si je demandais l’impossible.

À moins de cinquante jours des élections, aucun programme sur le marché électoral ! Pour le parti au pouvoir, c’est étiqueter l’« adversaire » : ces « extrémistes déguisés en société civile, en médias… » Du côté de l’opposition, trois choses essentielles à retenir dans leurs discours. Premièrement, la survie légale pour qu’ils puissent au moins se présenter dans cette course. Deuxièmement, les manquements de la commission électorale avec un objectif à l’horizon : « tout » sauf le CNDD-FDD. Troisièmement, la société civile, elle, est très – pour ne pas dire trop – préoccupée par le « troisième mandat » de Nkurunziza.

Et le chômage ? Et l’accroissement démographique ? Et la croissance économique ? Et l’éducation ? L’agriculture ? L’environnement ? Et la santé ? Et… Et moi ? Voilà ! Pas un seul programme, pas un mot sur les vraies questions, que de la diversion !

Ah oui, j’oubliais ! Il y a une raison à tout cela : « On pourrait voler mon programme si je le présente maintenant ! Il faut attendre les deux semaines avant les élections », se dédouanent toujours nos braves politiques. Or personne n’en veut de ces programmes. « La crédibilité d’un politique se mesure par le nombre de bouteilles de bières et de litres d’Isongo (bière locale) qu’il est capable de donner à ses braves sujets ! Ces histoires de programmes, c’est pour les intellectuels frustrés ! », m’a confié un député très honorable. Que rajouter ? La messe est dite.

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