Écoute ton peuple parler, et parle-lui sans blesser

Le poète Léonce Bitariho s’adresse à sa patrie avec des mots doux. Il veut d’elle, une réponse sans violence parce qu’elle a des enfants qui l’aiment, qui l’adorent qui et ne la laisseront pas tomber.

Et puis, souviens-toi ma chère patrie: il y a encore des gens qui sont restés tiens, mais qui sont partis loin de toi, en te fuyant, craignant pour leur sécurité. J’apprends qu’ils sont toujours restés attachés à toi… Appelle-les, je t’en prie.

Où vas-tu mon pays, toi qui marches jour et nuit, sans une seconde de repos?
Tu fais semblant de ne pas savoir où tu vas; rassure-moi un petit moment, mon cher.
Tu marches les yeux grandement ouverts, mais visiblement dérangé, brouillé, aveugle.
Tu trottines de temps en temps hésitant, tremblotant, trébuchant, ….
Mais marche quand même, mon havre.

Tu as des enfants qui t’aiment, et qui t’adorent. Ils ne te laisseront pas tomber.
Ils te tendront la perche pour te tirer des mains des ennemis ;
Ils t’arroseront quand la sécheresse tentera de s’allonger ;
Ils te donneront de l’air quand portes et fenêtres voudront se refermer contre toi.
Et tu auras la place qu’il faut, dans le concert des nations. Dans la région, dans toutes les contrées.

En cette petite occasion qui m’est offerte pour te parler, puis-je te demander de suivre ces quelques conseils pour savoir quel chemin prendre, afin de mener à bon port les tiens ?

Vas-t-en, je t’en prie, libérer les prisonniers innocents. Laisse tes enfants s’exprimer librement, même s’ils parlent dans des mots qui ne te plaisent pas. Pourvu qu’ils ne violent pas les droits de leurs concitoyens. Remets sur la droite ligne tous ceux qui ôtent la vie à des gens qu’ils n’ont pas créés. Nous sommes tous des créatures de Dieu, et notre différence ne fait que réconforter notre grand Créateur, dont tu n’ignores pas, je sais, la grandeur et le pouvoir. Ce sont des différences qui créent de l’harmonie dans les yeux de Dieu.

Marche, et marche encore, cher pays, sans te lasser. Fais tout ce qui est en ton pouvoir pour honorer tes promesses envers tes enfants. La réhabilitation et la construction de nouvelles infrastructures : écoles et hôpitaux, barrages hydroélectriques et chemins de fer ; des logements décents pour ces sans abris qui peuplent villages et marrais, aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger encore. Tu nous avais aussi promis de nous tirer de la misère, en exploitant l’or et le fer ; le diamant et le pétrole, t’en souviens-tu ? Il ne faut pas que les mots. Les actes aussi. Nous attendons tout cela, et j’entends de part et d’autre certains de mes concitoyens qui sont déjà sur le bout de leur patience. Fais de ton mieux, mon cher, pour réactiver leur espoir, leur sourire.

Et puis, souviens-toi ma chère patrie: il y a encore des gens qui sont restés tiens, mais qui sont partis loin de toi, en te fuyant, craignant pour leur sécurité. J’apprends qu’ils sont toujours restés attachés à toi ; à ton avenir ; à ton évolution ; à un redressement de situations, partout où il le faut. Appelle-les, je t’en prie. Tant qu’ils se sentiront exclus d’un havre qui héberge leurs papas et mamans de sang, leurs frères et sœurs, cousins et cousines qu’ils aimaient et qu’ils aiment encore, toi aussi tu sentiras toujours un vide, je te préviens.

Cher pays, je sais qu’en écoutant ton peuple ; qu’en lui parlant sans le blesser ; qu’en honorant tes promesses envers lui, tu grandiras, et tu t’imposeras, en tout et partout.
Ce texte a été d’abord publié sur le blog de Léonce Bitariho, journaliste, blogueur et poète.

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