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Burundi : ce président, il n’est pas cool

Monia-Bella Inakanyambo était enfant quand l’actuel président Pierre Nkurunziza est devenu chef de l’État. Aujourd’hui, elle a 20 ans et s’est forgé une conscience politique. Elle est devenue moins naïve. Le président, lui, il est toujours au pouvoir.

Je ne me rappelle pas vraiment quand il est parvenu au pouvoir. J’étais tout enfant, toute innocente. Et j’ai un souvenir : le prix du Fanta chutait à 250 francs burundais (0,15 euros), et ça, c’était super intéressant !

Je ne savais vraiment rien de la politique. J’étais même convaincue qu’un peuple pouvait vivre en harmonie sans supérieur, sans loi, sans tabou. Je croyais en la bonté humaine. La preuve, ce nouveau chef d’État, super président, venait de rendre le Fanta moins cher ! Il promettait d’être cool, ce président. Et moi, je pouvais encore me passer de la politique. Mais ça, c’était avant.

Les années ont passé, je me suis intéressée à ce qui se passe dans le monde en général, et dans mon pays, le Burundi, en particulier. Tenez : j’ai même appris que les présidents avaient des mandats renouvelables ! Quoi ? Eh moi qui croyais qu’il me suffisait de le vouloir pour diriger le pays. Pauvre de moi ! Heureusement qu’en grandissant, j’ai compris. J’ai également appris qu’il y avait eu des accords d’Arusha. En les signant, les Burundais avaient accepté bien des choses. Mince alors ! Ce que tout ça paraît complexe. En fait, il n’en est rien.

Le revers de la médaille

J’étais impressionnée en voyant ce « président-Maradona » suer sur le terrain, tremper ses doigts dans la boue histoire d’aider à construire un bâtiment, planter les avocats çà et là afin de lutter contre la famine, organiser des travaux communautaires pour plus de propreté au Burundi. Et plus encore.

J’ai beaucoup appris avec lui. D’abord, la leçon de fluctuation : le Fanta est passé de 250 à 700 francs burundais, puis est revenu à 650 francs. Ensuite, j’ai su que des doigts habiles à maçonner peuvent l’être aussi pour soutirer ou tirer, qu’ici poussaient des avocatiers tandis qu’ailleurs grandissaient des immeubles. Mes illusions se sont évanouies.

Hier encore, tout allait bien, c’était plutôt supportable, car l’échéance du mandat présidentiel était un baume pour nos cœurs meurtris. Finalement, il semble ne pas y avoir de délai. On le sait tous, et c’est pourquoi on s’est levé pour dire halte. Halte au syndrome africain de s’accrocher au pouvoir. Halte au troisième mandat qui, visiblement, n’augure rien de bon.

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