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Être président, jamais deux sans trois

Pourquoi un troisième mandat du président Nkurunziza ? C’est une question que se pose plus d’un Burundais à la veille de l’élection présidentielle dans la République du tambour. Ils sont si nombreux à dire « non », dont moi.

Le serment du chef de l’État déclaré devant le parlement et reçu par la cour constitutionnelle attire mon attention. Inutile de tout répéter même si chaque mot compte ; je sais que tout se trouve à l’article 106 de la constitution. Avant d’entrer en fonction, le président jure « fidélité à la constitution de la république du Burundi et à la loi ».

Tout le monde se rappelle de ces acclamations des hautes personnalités, mixées par l’euphorie populaire, les deux 26 août,  2005 et 2010, dates de prestation de serment du président. Deux fois de suite en plus, du jamais vu dans l’histoire du Burundi. Le président était fier, très fier, souriant.

Le temps s’écoule

Une année après, deux, trois… C’est encore facile de dire qu’un président burundais élu démocratiquement vient de passer un tel temps à la tête du pays « sans être tué », allusion faite au héros de la démocratie Melchior Ndadaye. Mais dix ans après, on semble oublier le nombre de mandats. Or, dira la 103e disposition de la loi des lois, « le mandat du président de la République débute le jour de sa prestation de serment et prend fin à l’entrée en fonction de son successeur. »

Un troisième serment du même président, ne serait-ce pas de trop au 26 août 2015 ? La question divise. Les camps se démarquent, même dans ses rangs. Parallèlement et curieusement, une partie des membres du CNDD-FDD défend bec et ongles que monsieur Nkurunziza est aujourd’hui à son deuxième mandat. Une partie ! D’autres se sont déclarés ouvertement contre ce mandat. Certains sont en train d’y laisser des plumes.

Pas un mot

Bizarre : le premier concerné, le président Nkurunziza, toujours de marbre, garde le silence. Réticent. Sa riposte préfabriquée à ces journalistes têtus reste la même : « Demandez à la cour constitutionnelle si la loi est respectée ou pas. » On n’oublie rien de son leitmotiv, de toutes ses sorties médiatiques : « Si mon parti me désigne comme candidat, je n’hésiterai pas une seconde. »

Je m’interroge encore, ou plutôt je vous interroge directement : monsieur le président, le 26 août 2005, quand vous avez prêté serment, était-ce pour votre premier mandat ou pour la transition ? Je sais que vous ne répondrez pas. Puis par ailleurs, hélas, ce temps ne reviendra plus. Mais une grande question reste posée : entre le président de la république qui est le magistrat suprême, la cour constitutionnelle dont il nomme les membres, et son parti dont il dirige le conseil des sages, qui lit mieux la constitution que l’autre ?

Mon grand espoir est qu’un président qui vient de passer dix ans sur le trône ne compte pas remettre son cher pays à feu et à sang. Au moins, comptons sur un de ses célèbres mots : « Quiconque veut engager une autre guerre au Burundi, elle (la guerre) commencera chez lui et finira chez lui. Que Dieu du ciel me soit témoin. »

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