« Quand les partisans de Pierre Nkurunziza ont manifesté, la police était là pour assurer la protection. » ©Waza
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Tôt ou tard, Nkuru partira

Le troisième mandat que convoite le président Pierre Nkurunziza divise les Burundais : les pros et les antis. Il n’y a pas d’hésitation possible. Nous avons tous une position claire à ce sujet. Et le blogueur Jean-Marie Ntahimpera en a une aussi : contre !

La raison est simple : je soutiens le respect des lois, des conventions, des accords qui garantissent l’harmonie de la société. Je suis pour le respect des accords d’Arusha, dont est issue l’actuelle constitution du Burundi. « Un président ne peut dépasser deux mandats », précisent lesdits accords.

Je suis pour l’alternance. Après dix ans, le Burundi a besoin d’une nouvelle équipe. Une nouvelle équipe dirigée par un autre président. Un nouveau président qui inspirera de nouveaux rêves, de nouveaux espoirs. À quel parti il appartiendra ? On s’en fiche.

Ceux qui soutiennent le troisième mandat ont aussi leurs arguments. Je ne suis pas leur porte-parole ; je m’en excuse. Le penseur Isaiah Berlin disait : « Être libéral, c’est non seulement accepter les opinions divergentes, mais admettre que ce sont peut-être vos adversaires qui ont raison ! » Je suis d’accord.

Je suis inquiet

Un rien suffira pour que ces manifestations se transforment en guerre.

Un constat : tout le monde n’est pas tolérant. Aujourd’hui, le climat est très tendu. À la base, la divergence d’opinion. Tout le monde veut désormais s’exprimer par les manifestations. C’est légitime. Le week-end qui vient de passer en dit long. Le hic : certains messages que les manifestants transmettent sont loin d’être pacifiques. Souvenez-vous de la fameuse opération « Mvako » sous le slogan : « Vous qui êtes contre Pierre Nkurunziza, on va vous savonner. »

Le déclencheur

Tous les ingrédients semblent être là : une étincelle, un rien suffira pour que ces manifestations se transforment en guerre. Les incrédules sont nombreux, je sais. Tenez : que se passerait-il si, un jour, les pros et les antis décidaient de manifester le même jour, au même endroit ? Des casses et des blessés peut-être. J’évite d’être cynique ; j’aurais parlé des morts. Et la police dans tout ça ? Le flou total avec son comportement à deux poids, deux mesures. Quand les partisans de Pierre Nkurunziza ont manifesté, la police était là pour assurer la protection. Pour l’opposition, elle a sorti ses gaz lacrymogènes, ses matraques. Des militants de l’opposition ont été arrêtés.

Et nous ?

Nous devons tout faire pour que ces élections ne deviennent pas du n’importe quoi. Nous ne pouvons pas contrôler les décisions d’un président. Mais nos propres actes, si. « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots », disait un grand monument de l’histoire.

Nkurunziza partira un jour, tôt ou tard, mais le Burundi restera.

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