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Ce qui ne va pas avec la première tablette éducative africaine

Qelasy, qui se veut la première tablette éducative africaine et se concentrera d’abord sur l’éducation ivoirienne, a été présentée à Abidjan le vendredi 12 septembre 2014. Si nous ne l’avons pas eue entre les mains, le journaliste et blogueur Daouda Coulibaly a, lui, certaines choses à dire sur la machine.

Vêtu d’un pull bleu dévoilant le col d’une chemise blanche, tablette rouge en main, micro baladeur sur la tête, Thierry N’Douffou présentait Qelasy, son « bébé ». C’était le 12 septembre.

Devant un parterre de journalistes, d’hommes d’affaires, de politiques et d’étudiants, le « Steve Jobs ivoirien » a égrèné les caractéristiques de sa tablette : un écran 8 pouces et une mémoire de 16 Go, un processeur quad-core cadencé à 1,2 GHz, une autonomie de batterie de près de 8 heures, Android version 4.2 ; et cerise sur le gâteau, une résistance à l’eau et à la poussière.

« Qelasy est venue pour dématérialiser tout le cycle d’apprentissage et d’évaluation, afin de rendre le système éducatif ivoirien plus performant », a expliqué Thierry N’Douffou.

Plus besoin de cartables
Avec Qelasy, plus besoin donc de cartables, de cahiers de notes ou de textes. L’enseignant dispose aujourd’hui d’un outil pour élaborer son cours et le diffuser simplement. Le temps consacré à dicter les cours sera désormais mis à profit pour mieux les expliquer, à travers les exercices.

Une courageuse initiative qui doit cependant faire face à deux problématiques majeures : la fracture numérique et la pauvreté galopante qui frappe la population ivoirienne.

En effet, certains enseignants n’ont jamais utilisé ou ne savent pas bien utiliser un ordinateur. D’autres, par contre, ont encore des a priori quant à l’utilisation de l’outil informatique. Comment alors intégrer une tablette dans un système éducatif si les personnes censées donner le savoir n’ont pas la culture du numérique ?

Des formations seront données aux enseignants des écoles ayant adhéré à Qelasy, pour faire face à cette difficulté, rassure Fabrice Dan, product manager de Qelasy. Interrogé sur ces formations, le ministère de l’Éducation nationale n’a, pour le moment, pas fait suite à notre demande d’information.

Qelasy, une tablette au tarif jugé excessif
180 000 francs CFA. C’est ce qu’il faudra débourser pour s’offrir une tablette Qelasy. Une somme élevée, vu le revenu des ménages en Côte d’Ivoire. En plus, certains ouvrages et manuels disponibles sur Qelasy Store (la boutique en ligne) sont payants et les prix varient en fonction du niveau (du primaire à l’université).

Tous les spécialistes de l’éducation restent unanimes : il existe un lien étroit entre analphabétisme et pauvreté. Selon l’UNESCO, le taux d’analphabétisme en Côte d’Ivoire est de 51% ; et celui de la pauvreté de 48,9%, selon le PNUD. Deux taux sensiblement identiques : preuve que la pauvreté est l’un des problèmes majeurs de l’éducation en Côte d’Ivoire, et en Afrique, en général.

Chaque année, nombreux sont les parents qui n’arrivent pas à régler les frais d’inscription et faire face aux fournitures scolaires de leurs enfants, parce qu’ils manquent d’argent. Un parent qui n’arrive pas à payer la liste des fournitures de ses enfants peut-il offrir à chacun une tablette de 180 000 FCFA ?

Pour Fabrice Dan, si le prix de Qelasy reste élevé pour certains, ce n’est pas le cas pour tout le monde : « Nous remarquons que bien de ces foyers font des efforts pour l’acquisition de télés modernes dont le prix minimum tourne généralement autour de 200 000 francs. L’éducation et surtout celle de qualité, coûte quelque chose. »

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