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Les ponts d’infortune d’Abidjan

Malgré des travaux menés par le gouvernement dans tout le pays, les infrastructures en Côte d’Ivoire laissent à désirer. Elles sont parfois faites de bric et de broc. Et notre blogueuse a récemment constaté qu’elles pouvaient être aussi mortelles…

Abidjan est en chantier. On le dit… et c’est vrai ! Les routes avaient besoin d’un bon lifting et la population observe avec satisfaction les différents travaux menés pour doter le pays de meilleures infrastructures routières et ainsi faciliter les transports.

Dans les zones oubliées…

Comme la tâche est grande, les avancées se font pas à pas, par ordre de priorité. Alors que certaines zones sont sujettes à de grands travaux -comme les ponts et autres échangeurs-, d’autres continuent à souffrir du bitume troué, du goudron arraché, de la poussière rouge venue de la terre… et d’avoir pour tout pont, de vieux échafaudages branlants.

…le système D se met en place

Pour relier, par exemple, deux lieux séparés par un caniveau trop large pour être enjambé ou un ravin trop profond pour y tenter une descente, certains dressent des ponts de fortune. Ici, avec des planches de contreplaqué, là avec des barres de fer rouillées. C’est à la fois un soulagement pour la population et pour l’ingénieur amateur en ponts et chaussées qui met sur pied la passerelle. En effet, si les premiers trouvent un raccourci pour ne pas avoir à faire un long détour, le second y voit une source de revenus puisque chaque passage est facturé ! Une petite compensation en ces temps où la crise fait rage. Toutefois, on ne sait jamais quand les ponts de fortune se muent en pont d’infortune.

Un drame inévitable

Le 2 novembre dernier, la passerelle reliant la cité Caistab à la cité Marine à Yopougon s’est écroulée, provoquant la chute de plusieurs personnes dans un profond ravin, remplis de détritus. Bilan : un mort et plusieurs blessés graves. Louis Pockpa, habitant du quartier et blogueur, témoigne : « le pont est dans un état laissant grandement à désirer. Il y a toujours un gars avec un morceau de bois pour bloquer le passage, réclamant des pièces (50-100 francs CFA) pour l’entretien et la rénovation mais les gens en majorité ne veulent pas payer. Alors, le pont est malade, il faut le soigner avant qu’il ne tombe, non ? Mais non … On préfère prendre le risque de l’utiliser…».

Tout le monde fuit ses responsabilités

A qui donc la faute ? Celui qui a dressé ce pont de fortune et n’assure pas correctement son entretien ? La population qui l’utilise, tout en sachant que la structure est défaillante, et refuse de mettre la main à la poche pour financer une rénovation ? L’Etat ? Dieu ? Quand on ne sait pas qui accuser, il faut au moins se rappeler qui féliciter ! Dans un élan de solidarité, les riverains ont volé au secours des victimes dont certaines revenaient de la messe d’une paroisse située à quelques encablures du lieu de l’accident.

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