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Quoi, les juges congolais sont en grève ?

Des juges sont en grève en République démocratique du Congo. Ils revendiquent un salaire de 1 600 dollars américains par mois. Ce mouvement de grève surprend le journaliste congolais Yves Zihindula qui se rappelle du jour où il a découvert que dans son pays, oui, il faut payer pour gagner un procès.

J’ai rencontré il y a quelques mois, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, Solange, veuve et mère de quatre enfants. À l’époque, elle et son avocat me supplient de raconter leur galère judiciaire. Ils sont en procès, depuis cinq années, contre l’employeur du défunt mari de Solange, mort après un accident de travail.

Donner pour gagner

Seulement, des juges leur conseillent de « diligenter le dossier » s’ils veulent gagner le procès. En clair, il faut donner de l’argent à ces mêmes juges pour que la décision soit favorable à Solange. Faute de quoi, le procès durerait plusieurs années. Ainsi, je découvre que de nombreux citoyens perdent des procès parce qu’ils ne peuvent pas payer les juges ou qu’ils négligent de le faire.

Des nantis

Avec toute cette corruption, j’ai du mal à imaginer que les « dieux des tribunaux congolais » vivent avec moins de 1 000 dollars américains par mois. Comment parviennent-ils à suivre un train de vie digne de nantis ? Aujourd’hui, ils exigent dans la rue le paiement de 1 600 dollars américains comme salaire de base.

Mouvement illégal

Le plus drôle dans ce mouvement social, c’est qu’il est contesté au sein même de leur corporation. Le Conseil supérieur de la magistrature s’en moque et ne reconnaît pas la grève. Son président a d’ailleurs ouvert une enquête pour identifier « les fauteurs de troubles ». Le gouvernement, pour sa part, qualifie cette grève d’illégale. Pourquoi ? Parce que les magistrats congolais gagnent suffisamment en percevant des pots-de-vin ? La seule certitude à ce conflit est sans appel : la machine judiciaire tourne davantage au ralenti surtout dans la partie est du pays où sévit l’impunité.

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