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Plantes traditionnelles comme stimulant sexuel : prudence

Avez pas déjà utilisé des plantes traditionnelles comme stimulant sexuel ? De plus en plus d’Africains, qu’ils soient résidents ou expatriés, expérimentent avec des mélanges aphrodisiaques afin d’augmenter leur performance sexuelle. Les médecins ne peuvent pas contester leurs effets, mais appellent toutefois à la prudence.

Eric est un commerçant congolais à Matonge, le célèbre quartier africain de Bruxelles, spécialisé dans la vente des plantes et racines aphrodisiaques en provenance de Kinshasa. « Je vends des produits pour la performance sexuelle depuis que je vis à Bruxelles. J’ai beaucoup de clients qui viennent à la recherche d’ingrédients et autres excitants sexuels susceptibles de les rendre performant pendant le coït », raconte-t-il.

« Maintenir un certain rythme »
« Actuellement, les vieux et jeunes africains recourent à ces plantes et racines pour augmenter leur capacité à maintenir un certain rythme pendant les relations sexuelles », confie une jeune femme mariée venue faire ses courses à Matongé. Elle ajoute que « ces produits ne servent pas seulement à renforcer leur potentiel sexuel, mais également à soigner des maladies comme l’hémorroïde, et même la malaria, dans le cas du Makasu par exemple ».

Les substances vendues par le commerçant Eric sont dénommées l’Ankoro, le Mogomboro, le Kimbiolongo, le Mondongo, le Kita Mata, le Tangawisi (gingembre), le Ngadiadia (sorte de piment très piquant), le Muamba et le Makasu (noix de cola). « Lorsque je prends l’Ankoro, je fais l’amour pendant suffisamment de temps pour satisfaire ma partenaire », nous confie Souleymane, un jeune guinéen rencontré à la sortie de l’établissement.

Les brousses d’Afriques
Le fournisseur attitré de ces plantes et racines à Bruxelles s’appelle Mbuta, qui détient également un magasin exotique à Matongé. « Ces plantes et racines traditionnelles proviennent des provinces du Bandundu et du Bas-Congo », explique-t-il. « Personnellement, nous nous approvisionnons au quartier de Kingasani dans la commune de Masina. Mon équipe au Congo va se ravitailler en produits dans des petits villages situés à la périphérie de Kinshasa. On nous les envoie par transport fret et je les livre ensuite de manière structurée à mes clients », ajoute-t-il. .

Alors qu’il donne ses explications, trois hommes dans la quarantaine s’approchent pour acheter le Kimbiolongo, une sorte de racine d’une plante des brousses d’Afrique qu’on mâche avant d’en avaler la sève au goût sucré et amer. Les clients mâchouillent la substance et ricanent entre eux. Une explication ne tarde pas à venir : « Le Kimbiolongo dynamise le spermatozoïde et permet aussi une bonne érection de la verge », explique l’un d’eux ». L’homme peut l’utiliser trois fois par semaine. Le Kita Mata pour sa part permet à l’homme de rester en érection pendant un bon moment et limite le gros problème de l’éjaculation précoce. Il sert de renforcement des capacités sexuelles. C’est aussi le cas du Mogomboro », complète le fournisseur Mbuta.

Multiples complications
« Les femmes aussi peuvent utiliser ces produits excitants qui n’impactent pas seulement au niveau sexuel, mais peuvent traiter d’autres maladies comme le paludisme et les infections diverses », finit d’expliquer Mbuta. Mais la consommation de ces racines en provenance des tropiques inquiète les professionnels de la santé. « Ces plantes traditionnelles ne sont pas dosées ni traitées par des laboratoires pharmaceutiques. Mais il est difficile de contester les prouesses de ces produits tels que vantés par leurs consommateurs », relate le médecin belge Jean-Jacques Mbungani, basé à Namur.

Mais le spécialiste appelle plus d’un consommateur à la prudence, au regard des multiples complications que peuvent créer ces substances : « L’érection obéit à un mécanisme physiologique qui requiert une arrivée d’un flux sanguin au niveau de la verge. Je ne comprends pas comment ces produits pourraient agir pour maintenir l’arrivée du sang au site de l’érection. Je conseillerais aux usagers de ces produits de consulter leurs médecins, afin de s’assurer de leur bon état de santé avant de se lancer dans une pareille aventure ».

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